‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 1444 sur 1577 · D'ORBE , WOLMAR · texte numérisé non relu

D'ORBE , WOLMAR

wolmar. Ami, tu m'effraies !. . tusouffres ! . .

d'orbe. Du tout, du tout , je ne souffre pas... je suis heureux , au contraire , je suis très-heureux... Est-ce que j'ai l'air de souffrir !.. {A part.) Ah ! j'en mourrai ! j'en mourrai !

wolmar. Mais je dois insister, d'Orbe;

LA NOUVELLE HELOISE

à moi , à moi le plus ancien , le plus cher de tes amis . tu dois une part de tes chagrins... moi , ce matin , ne t'ai-je pas confié toutes mes peines?.. Eh bien, parle, parle donc. (U Orbe, sans écouter sun ami, a pris vivement un papier et s'est mis à écrire. ) Que fais-tu ?

D ORBE , après avoir écrit , se levé , appelle avec coltre. ) Quelqu'un ! quelqu'un ! ne viendra- t-on pas quand j'appelle ? ( Un laquais entie. ) Tiens! cherche , dans la maison qui fait face à celleci... demande M. Saint-Preux... et remetslui ce billet sur-le-champ. . .

(Sortie du domestique.)

wolmab. Ce Saint-Preux ! quel est- il donc? et que lui écris-tu? Allons... mais

calme-toi cette tristesse, cette colère,

ont quelque chose d'incroyable.. Je dois...

d'orbe. Tu dois... tu dois me laisser tranquille, si tu es mon ami... Mais c'est une tyrannie que ton amitié !.. Est-ce que je n'ai pas le droit d'être triste , colère, de pleurer, si ça m'amuse?.. Va-t'en, va-t'en, je veux être seul... laisse-moi. Non, non, reste... Je suis bien malheureux!.. Tiens! lis ! lis !

WOLMAR , après avoir pareouru la lettre , et lui serrant lu main. Jedevine maintenant ce que tu viens d'écrire à ce M. Saint-Preux.

d'orbe. Je veux me battre, moi , je veux me battre... Tu sais ce que je t'ai dit il y

a un an. Le bonhomme le bonhomme

porte une épée au côté... il veut s'en servir... Cher ami, tu seras mon témoin!

wolmar. Ton second... et que ne puisje prendre ta place , d'Orbe , pour donner à ce misérable la leçon qu'il mérite !

d'orbe. Je n'ai plus que ce plaisir-là à espérer sur la terre. Oh ! je la lui donnerai , moi... il m'a rendu trop malheureux... Il a brisé toute ma vie... et je retrouverai de la vigueur et de l'adresse pour me venger.

WOLMAR. Silence !.. on vient!

d'orbe. Lui , sans doute... non , ma femme !... Elle ose reparaître en ma présence!., ah ! je veux encore l'accabler de reproches, lui dire...

wolmar. D'Orbe , elle n'a été sans doute que légère, imprudente... et fûtelle même coupable... à tes yeux, moi, je ne dois pas le savoir... je n'assisterai pas à cet entretien.

d'obbe. Tu as raison, je ne veux pas , malgré tout, qu'elle rougisse devant toi... Entre là... dans un instant, je vais te rejoindre.

Wolmar entre dans le cabinet, Claire paraît au fond du théâtre.)

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