SCENE IX
D'ORBE, puis JULIE.
D'ORBE , répétant machinalement les paroles et les gestes de sa femme. « Crois-en ma » parole , et défie-toi des apparences... on » pourrait nous entendre... Tais-toi ! tais- » toi!.. » Qu'est-ce que cela signifie?
JULIE , paraissant au fond du théâtre, et s'approchant de M. d'Orbe avec vivacité. Ah ! monsieur... monsieur, je vous trouve enfin... enfin , je puis tomber à vos pieds, et vous demander grâce.
d'orbe. Gnâce... pourquoi?., à mes genoux!.. Julie, mais relevez-vous donc.
JULIE. Oui, grâce, à vous qui avez élevé mon enfance , vous qui m'aimez comme un père, et qui soudiez tant aujourd'hui, qui souffrez à cause de moi, pour moi.
d'orbe. Pour vous ! mais, mon enfant , je ne puis comprendre...
julie. Oh ! je dirai tout, quand je devrais mourir de honte à vos pieds, je dirai tout... Cette lettre, que vous avez surprise entre les mains de ma cousine, et qui vous a rendu si malheureux , cette lettre , ce n'est pas à elle qu'elle fut écrite , c'est à moi ! à moi !
D'ORBE , tournant aoec efjioi SCS yeux du i été du cabinet. Grand Dieu ! plus bas ! plus bas !
jii.ie. C'est moi, malheureuse , moi , dont un funeste amour avait égaré la raison , et c'est elle, c'est Claire qui m'a rappelée à moi-même... c'esl elle qui n'a pas craint de vous affliger, de s'avouer coupable , pour sauver mon honneur aux yeux de mon époux; mais moi, même un instant, un seul, je ne puis accepter ce généreux sacrifice...
d'orbe, dont la frayeur a augmenté sensiblement , et qui a vainement cherche à se faire comprendre de Julie. Julie... Julie... je ne vous crois pas... je ne dois pas vous croire.
JULIE. Ob ! je vous le jure, monsieur, j'ai dit la vérité... cette lettre était pour
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