SCENE X
Les mêmes , WOLMAR , puis CLAIRE.
(Il rentre pâle comme la mort, et tenant à la main la lettre, que d'Orbe lui a laissée.)
WOLMAR. Il est vrai, d'Orbe.... pour elle !
(Julie pousse un grand cri et tombe évanouie. Claire rentre et vient secourir sa cousine.) CLAIRE. Grand Dieu! Julie !... M. de Wolmar ! . . que s'est-il donc passé ?
(Elle donne des secours h Julie, la soulève et la fait asseoir.) WOLMAR, à d'Orbe. Tiens, regarde...
cette lettre... tu ne l'as pas lue tout entière... « Non , désormais Saint-Preux ne consentira plus à vivre loin de Julie. » d'orbe. Mon ami , mon cher Wolmar, peut-être...
wolmar. C'est bien... Epargne-toi des paroles inutiles... J'avais le mauvais esprit de t'en adresser tout-à-l'heure... et tu les repoussais comme je les repousse à présent... J'étais fou, et tu avais raison... Yois, grâce aux soins de ta femme, Julie revient à elle... Laisse-nous seuls ensemble.
d'orbe. Mais...
wolmar. Mais .. je le veux...
CLAIRE. Monsieur de Wolmar, s'il m'est permis d'élever la voix pour défendre... pour justifier mon amie...
.VOLMAR.Je vous comprends, madame...
vous tremblez de nous laisser en présence. .. Pourtant, est-ce de la colère que vous lisez sur mon visage?.. De grâce, n'insistez pas... Il y a des souffrances qui ne veulent pas de témoins ; il y a des momens dans la vieoù Tonne peut rien entendre, rien...
THEATRAL, pas même les consolations de l'amitié.
(Il va s'asseoir du eôté opposé où Julie est assise. l'Ile est paie-, immobile, et parait insensible â tout ce < | il ï se passe autour d'elle. D'Orbe et sa femme tiennent un | matant le milieu du théâtre.) CLAIRE. C'est ta faute, monsieur d'Orbe ! si tu n'avais pas été jaloux !..
d'orbe. C'est vrai ; aussi cela ne m'arrivera plus... je le jure.
CLAIRE. Il est bien temps !
d'orbe. C'est vrai... Pauvre Wolmar î CLAIRE. Pauvre Julie!
(Ils sortent lentement, en regardant les deux autres personnages.)