‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 1450 sur 1577 · SCENE XIII · texte numérisé non relu

SCENE XIII

Les Mêmes, ANTOINE.

ANTOINE. Capitaine, le message que vous attendiez de Versailles.

wolmar. Ali! le message! malheureux! je l'avais oublié. Je tremble.

julie. Qu'est-ce donc?

claire. Ah ! lisez, lisez, monsieur.

d'orbe. Oui , tu vois bien que nous mourons tous d'impatience.

WOLMAR , lisant , après avoir décacheté et jeté l'enveloppe. « Monsieur le comte, sa » majesté a pensé qu'elle devait en effet une » récompense éclatante à vos bons et » loyaux services; j'ai l'honneur de vous » annoncer, en son nom, que vous êtes » élevé au grade de chef d'escadre... Nos » jeunes marins vous attendent , et ce » n'est pas lorsqu'ils ont besoin de chefs >i habiles et intrépides que M. de Wol- » mar doit penser à la retraite. » Ainsi, plus d'espérance, il faut partir!

TOUS, avec une inflexion différente. Partir!..

(On entend un coup de canon.)

WOLMAR. Ah ! déjà ! déjà le signal ! julie. Grand Dieu! mais je ne puis croire encore... nous séparer!

d'orbe. Mon ami!

saint-Preux. Mon père!...

wolmar Oui, nous séparer... et dans quel moment !... O ciel!.. Julie... Julie... et toi, Charles !...

JULIE. Ah ! monsieur, jusqu'à votre retour je fuirai le monde, je m'ensevelirai dans la plus sombre retraite... un cloître.

wolmar. Un cloître! vous, Julie!

(Deuxième coup de canon.) SAINT-PREUX. Non , madame , non ,

restez auprès de vos amis; mais moi...

moi> je dois partir avec mon bienfaiteur. wolmar. Que dis-tu , Charles ?

SAINT-PREUX. Oui, monsieur de Wolmar... puisque désormais j'ai le droit de porter un nom glorieux comme le vôtre... par grâce, laissez-moi, laissez -moi justifier cet honneur .. laissez-moi vous prouver ma reconnaissance et réparer les torts de ma jeunesse inactive ! Vous m'avez appelé votre fils! et je ne suis rien! rien!... Ah! partons, parlons ensemble... faites-moi donner un habit de matelot , et près de vous, toujours près de vous, je serai là pour iiip placer entre vous et le danger, et Dieu veuille que je meure frappé d'une balle destinée à votre poitrine!

WOLMAR. Alt! mon ami! mon fils! (// V embrasse; 1rs trois autres personnages piratent et s'empressent autour d'eu t. Troisième couf) de canon. Des officiers <lc marine et des matelots paraissent au fond au théâtre et semblent attendre le chef a escadre. JI 'olmar se jette dans les bras de Julie. ) Julie... mouvicil ami... madame... oh! mais

ne pleurez donc pas ainsi... vous m'oteriez mon courage et je ne dois pas trembler

devant eux.

julie , avec énergie , à Saint-Preux.

Monsieur... Charles de Wolniar, vous tiendrez vos promesses! auprès de lui!

toujours auprès de lui ! vous me répondez de sa vie !

SAINT-PREUX. Je le jure!

julie. Avec lui, vous allez marchera la gloire.

SAINT-PREUX, Las. Non, madame, à la mort! adieu.

TOI s. Adieu!

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