WOLMAR , D'ORBE
(Les deux amis se tiennent par la main, et gardent un instant le silence.) WOLMAR. Ah ! cet instant vient d'effacer pour toujours jusqu'au souvenir de mes malheurs.
d'orbe. Oh ! les braves jeunes gens !
les braves jeunes gens ! ( A part. ) Je les aurais soufflés qu'ils n'auraient pas dit autre chose.
wolmar , avec joie. Et maintenant , mon ami , mon cher d'Orbe... maintenant je suis de ton avis... je suis heureux... oh ! bienheureux de les avoir revus ; mais tu avais raison , il vaut mieux peut-être que je ne me sois d'abord pas présenté à eux.
d'orbe. N'est-ce pas ? Au moins, tu es sûr d'avoir lu dans leurs cœurs et de les avoir bien jugés.
wolmar. Je ne veux pas , je ne dois pas même avoir l'air de connaître ce projet de mariage.. .je dois leur épargner cet embarras , cette position pénible où ils devraient être en ma présence... ami, charge-toi d'abord de les prévenir , de les préparer... moi, je lésai revus, je puis attendre encore... Oh! pas longtemps, bientôt, bientôt je reviens
là , auprès de toi , auprès d'eux , pour vous embrasser tous.
d'orbe. Eh bien ! je vais les appeler et
leur dire mais, pendant ce temps, où
iras-tu , Wolmar? que vas-tu faire ?
wolmar. Et ! que sais-je? j'ai de quoi occuper ma pensée... je suis heureux...
Ah ! c'est une joie folle, indicible , incroyable!., c'est le bonheur de deux âges à la fois , celui d'un amant qui retrouve sa maîtresse , celui d'un père qui retrouve ses enfans. .. A bientôt, d'Orbe.
D'ORBE. Oui , à bientôt.
(Wolmar sort par le fond.)