JULIE, SAINT-PREUX
SAINT-preux. Il existe!., ù mon Dieu !
tu le sais, ma première, nia seule pensée à cette nouvelle a été de te rendre ;:>âce. JULIE. Et moi , je sens enfin que ma conscience est calme... et ne m'adresse plus de reproches. Auprès de vous, monsieur Charles, désormais, je ne tremblerai plus ; désormais, vous serez un frète pour moi... saint-preux. Et vous, Julie, une sœur pour Saint-Preux. Une sœur ! oui... ce nom est le seul que j'aie maintenant le droit de vous donner.
JULIE, Ab ! c'est un bonheur plus grand peut-être que celui dont notre folie avait rêvé l'espérance.
saint-preux. Oui, nousseronsheureux.
JULIE. Bien heureux!., etdéjà, je crois... (Julie a dit ces mots presqu'en pleurant , elle se
trouve auprès du bosquet où étaient assis les dent
vieillards peu d'tnstans auparavant ; elle ton.De
sur le banc, comme épuisée par son émotion.
Saint-Preux se rapproche, et, debout auprès d'elle,
continue d'un air mélancolique.)
saint-preux. Julie, ma sœur... cette affection, cette tendresse si pure... oh! sans doute , c'est encore pour nous, pour moi du moins , madame , un sort digne d'envie ; et bientôt, je l'espère... (Il semble se contenu' un instant, puis enfin il achève sa phrase en Jondant en larmes.) Ah ! Julie ! Julie, jamais je ne pourrai vous aimer comme une sœur.
julie. Saint Preux... monsieur, que dites- vous ?
saint-preux. Oui, madame, oui, il n'y a qu'un instant encore, auprès de ce portrait, au moment même de vous nommer ma femme , et le cœur tout plein de cette fatale passion que jamais, non, jamais je ne saurai vaincre, je pouvais du moins lui imposer silence, la contenir là, au fond de mon ame... Mes yeux se détournaient des vôtres, et je n'aurais pas osé vous dire : je t'aime!., car il m'aurait semblé que je vous parlais d'amour auprès d'un cercueil.
(Pendant cette dernière phrase, Wolmar a répara
au fond du théâtre. Il entre, et sur le seuil de la
grille il aperçoit Julie et Saint-Preux.)
OOOOQOOOOOOQOOQOOQOOQOOQOQGOOOOQOftOOOOQOQOMU