‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 1503 sur 1577 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

SURREY, seul.

Encore quelques instans, et ma tête roulera sur l'échafaud où sont tombés les Buckingham, les Thomas Moore et tant d'autres nobles victimes qu'Henri VIII a sacrifiées à sa jalousie ou à la haine de ses courtisans. Pourquoi ma vie est-elle si courte? je sens là pourtant que j'étais destiné à de grandes choses... Oui, oui, j'aurais appelé à mon aide le génie des peuples et l'inspiration du ciel, j'aurais étouffé toutes ces petites passions qui cherchent à écraser le talent prêt à s'élever, et, envisageant ma tâche avec calme, j'aurais dit à cette société que j'aurais domptée : Marche ! marche ! ... Regrets sans écho ! dans quelques heures.... la mort !.... mais la mort! c'est le ciel.... mourir, c'est continuer sa route en dépassant la terre. Oui, oui, d'autres poursuivront ma tâche inachevée. .. dans leurs mains la face du monde changera : pouvoirs, mœurs, lois , coutumes, tout sera brisé, abattu, nivelé, et quand le terrain sera purgé de tous ces débris , alors le poète dira à la société : Relève-toi jeune et forte et refais-toi. Telle est l'œuvre du génie, telle est l'œuvre de l'avenir. ( Richmond entre à gauche, Surrey court à lui.) Richmond !

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