SCENE IV
FARIBOUSSOUL, puis CAMARZAMOUR.'
FARIBOUSSOUL. Il est toqué... c'est l'effet des voyages... 11 croyait avoir rêvé... Eh mais, un instant, ce me donne une fière idée !.. Oui, c'est ça. J'arriverai ce soir en cattimini au foyer conjugal. [Camarzamour paraît au fond.) de surprendrai ma chère épouse, et sans faire semblant de rien, je lui dirai. . .
camarzamour. Qu'est-ce que tu lui diras, brigand?
fariboussoul. Ah ! chère amie , vous m'avez fait une peur !
camarzamour. Il est encore engraissé , le scélérat ! Enfin vous voilà donc, après cinq ans d'absence !
fariboussoul. Cinq ans ! Comment, cinq ans? tu as rêvé ça, chère amie.
camarzamour. J'ai rêvé?
fariboussoul. Tu veux dire cinq heures.
camarzamour. En voilà , un effronté !
Comment ! vous ne m'avez pas abandonnée pendant cinq ans?
fariboussoul. Moi , t'abandonner ! fi donc 1... je suis sorti ce matin pour aller à la pêche.
camarzamour. Ah ! à la pêche.
fariboussoul. Et la preuve, c'est que je t'ai rapporté quelque chose que tu aimes bien... là, clans mon filet, ce homard... (// retire un homard rouge.)
CAMARZAMOUR. Ça ?
fariboussoul. Je viens de le pêcher à ton intention.
CAMARZAMOUR. Mais il est cuit.
fariboussoul. Cuit?... C'est ma foi vrai! Ah ! il fait si chaud !
camarzamour. Ainsi, vous dites que j'ai rêvé .
fariboussoul. Tu as eu le cauchemar.
camabzamour. C'est bien possible , mon petit mari.
fariboussoul, à part. Comme elle donne là-dedan-!... Que les femmes 3ont crédules!
cvmarzamour. Embrasse-moi, mon* petit Fariboussoul.
fariboussoul. A la bonne heure. (// l'embrasse.)
camarzamour. Embrasse donc aussi tes enfants.
fariboussoul, reculant. Hein ? mes enfants? Quels enfants?
camarzamour. Eh bien! ceux-ci que j'ai fait venir. [Entrent trois petits enfants.)
fariboussoul. Par exemple! d'où ça sortil, ça ?
camabzamour. Tu ne les reconnais pas ?
fariboussoul. Les reconnaître!... C'est un peu fort .. Approchez, madame ; quel âge a cet enfant-là?
camarzamour. Quatre ans.
fariboussoul. Vovez-vous ça!... Et celui-ci?
camarzamour. Trois ans 1
fariboussoul. Et il y a cinq ans que je vous ai quittée !
camabzamour. Ah! tu l'avoues, double traître...
fariboussoul. Oh! je me suis coupé...
camarzamour, le souffletant. Tiens, tiens] Et lu oses encore me soupçonn r, imbécile? Ce sont des enfants que j'ai pris en sevrage.
fariboussoul, à genoux. Ah ! ma petite femme, bats-moi, je l'ai bien mérité : j'ai été faire l'école buissonnière à tous les coins du monde ; mais aussi je te rapporte. ..
camarzamour. Quoi donc ?
fariboussoul. Un superbe trophée. (// étend la peau du Génie sur un sofa.)
camabzamour. Ah! que c'est laid!
fariboussoul. C'est la dépouille d'un ennemi terrible que j'ai vaincu en bataille rangée... J'ai exterminé toute une armée dont il était le chef.
le génie, se ranimant. Menteur !
fariboussoul. Hein?
le génie. Imposteur, hâbleur !
camarzamour. Qu'est-ce que c'est que ca?
le génie Ah ! tu m'as combattu, ah ! tu m'as vaincu. .. Attend-!, attends, gros homicide... Je vais te dénoncer au sultan, et tu seras pendu, pendu, pendu...
LE SAC A MALICES
fariboussoul. Au secours !
Camarz amour. Les voisins ! à l'aide!... [Trois ou quatre voisins se présentent. )
fariboussoul. Ne le laissez pas sortir. "
un voisin. Tu ne passeras pas.
le génie. Je passerai.
le VOISIN , se mettant devant la porte. Tu ne passeras pas, à moins que ça ne soit à travers mon corps.
le génie. Eh bit-n ! soit ! (Il passe à travers le corps de l'homme.)
Vîngt-'niafi'Ièssiie TTaïï'eïîsi.
L'extérieur d'un château moresque.