SCÈNE VI
ULRICK, DJINA.
ULRICK, s'arrêtant.
Restons ici.
DJINA.
Oh ! j'ai bien corr.pris que tu ne voulais pas m'entendre devant témoins... A présentquenous sommes seuls, tu ne repousses plus les secours de ma science. Je m'y attendais; voyons donc ta main.
ULRICK
Non, ce n'est pas ma destinée que je veux connaître, c'est celle de Richard.
DJINA.
Ah! oui, je conçois... ce n'est pas l'ambition seule qui le fait souffrir... tu es jaloux aussi de ton frère.
iV.on frère!., mais tu sais bien qu'il ne l'est
DJINA.
Oui, je le sais... mais qui te l'a dit, à toi?
ULRICK
Ma haine.
djina, avec un sourire infernal.
Ah! tu le hais?
ulrick.
Oui!.. L'enfant.., l'enfant de Baudouin, r'est bien lui, n'est-ce pas?
DJINA.
C'est lui.
CLR1CK..
Et le secret d > naissance?
Il éclater: i
DJINA.
ï olaude, sa mère, toujours enfermée dans le cotivci t dont «'lie est devenue la supérieure, a été instruite de tout par l'agent du prince de Thui'iifgc lui-même ; mais tant que ce prince a il ;i fallu cacher avec soin l'existence de Richar I, car il l'aurait inpitoyablement sacrifié à sa m Dgeance. Albert \ient de mourir enfin, et lais, délivrée de ses terreurs, Yolande a fait partir en toute hâte un des plus vaillans cheval ei s d'Angleterre, pour venir recevoir des mains ue l'abbé de Saint-Donat, le fils de Baudouin, et le conduire aussitôt à son père.
ULRICK
Et tort cela est bien vrai?
DJINA.
Tout cela est vrai... Quelques jours encore, et Richard sera reconnu.
ULRICK
Oui, du plus noble sang!.. Chevalier... prince ensuite Et il pourra combattre, lui, venger ses" affronts, se couvrir de gloire!., tandis que moi... Malédiction!., moi, plus brave, plus noble que lui par le cœur, je boirai la honte, je subirai l'outrage... je vivrai et mourrai en ignoble valsai!..
DJINA.
Toi?., si tu le voulais bien, tu serais avant peu autant et plus même que Richard !
ULRICK
Que veux-tu dire?
DJINA.
As-tu du courage?
ULRICK
Ah ! s'il ne fallait que cela!..
DJINA.
Sacrifierais-tu quelques années de ta vie pour que ce qui t'en resterait s'écoulât dans la gloire et les grandeurs?
ULRICK
Ah ! cent fois oui !
DJINA.
Es-tu bien décidé ?
ULRICK
Oui, te dis-je.
DJINA.
Donne-moi donc ta main.
ULRICK
La voilà.
Aussitôt qu'elle tient sa main, la lampe qui est sur la cheminée s'éteint. On entend le bruit lointain du lonnerre. La nuit la p!u.> profonde règne sur le théâtre et dans la salle.)
djina, qu'on ne volt plus.
C'est bien... ta main ne tremble pas... Tu n'a pas peur?
ULRICK
Je n'ai qu'une crainte, celle de ne pas réussir.
DJINA.
A merveille ! je vois que tu ne seras pas audessous du sort brillant qui se prépare pour toi !
ULRICK
Que se passe-t-il donc?
C'est la fortune qui t'arrive.
— w— —— — — — — — >a>— — — » M— Mi — — — — — M«— —
Mfewaciètne tabteau.
(A ce moment, la clarté reparaît, et sans qu'on ait pu apercevoir aucun mouvement ni entendre aucun bruit de machines, le moulin se trouve transformé en une écurie infernale, où l'on voit le cheval du diable et les palefreniers qui le soignent. Un page diabolique tient à la main un petit mors enrichi de pierreries, suspendu à une chaîne d'or. Un des palefreniers tient une housse de peau de tigre, à griffes d'argent, et dont les rayures noires sont très apparentes.)