‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 297 sur 1577 · TOUS LES PERSONNAGES DU PROLOGUE · texte numérisé non relu

TOUS LES PERSONNAGES DU PROLOGUE

(Niocelle est en costume de mariée, avec le bouquet, la couronne et le voile. La porte du fond s'ouvre et l'on voit le cortège qui vient chercher la mariée. Tout le monde entre en scène sur la reprise du chœur. Tous sont en costume de fête et ont des bouquets.

JEANNE MARTENS

Quevois-je?... Comment, Ulrick, tu n'as pas encore tes habits de noce!.. Mais à quoi penses-tu donc ?

ULRICK, troublé.

Ma mère, c'est vrai... c'est que... je...

RICHARD

Regarde donc ta Niocelle, frère... qu'elle est jolie ainsi !.. Regardez-la tous, mes amis... N'estce pas qu'Ulrick est bien heureux?

FR1DOLIN

Certainement, il l'est... Eh bien, il n'a pas seulement l'air de s'en douter. Décidément, ce garçon-là...

JEANNE MARTENS

C'est bon, c'est bon... nous n'avons pas de temps à perdre... Va bien vitet'habiller, Ulrick.

ULRICK, avec embarras.

C'est inutile, ma mère.

(La bohémienne lui a parlé bas et disparaît.)

JEANNE MARTENS

inutile!..

ULRICK

Oui, le mariage ne peut avoir lieu aujourd'hui.

NIOCELLE.

Qu'entends-je?

JEANNE MARTENS

Mais c'est de la démence !

ULRICK

Non, ma mère... je vais partir.

JEANNE MARTENS

Partir !

ULRICK

Oui, je vais m'enrôler dans le contingent de

Flandre, pour la nouvelle croisade. J'irai on Palestine... Je m'y distinguerai; j'y gagnerai, par mon courage* les éperons de chevalier... Ft dans un an, si le son me seconde, je reviendrai à vous, plus heureux et plus digne de l'amour de ma Niocelle !

M OC El. LE.

Que dis-tu? que t'ai-je donc demandé audelà de ta tendresse?.. Ab! c'e-t cette bohémienne qui lui a encore tourné l'esprit, j'en suis sûre.

RICHARD

Oui, oui, c'est cette sorcière du diable... Clicrchons-la, et par l'enfer !..

ILRICK.

Vous ne la trouverez pas... et vous avez tort de l'accuser, ce n'est pas d'elle que me vient ma résolution.

JEANNE MARTENS, bas, à llrick.

Allons, allons, tout cela n'est pas sérieux, n'est-ce pas? Tu as voulu éprouver Niocelle, rien de plus... Voyons, rassure-la bien vite.

ulrick, de même.

Je pars, ma mère... mon parti est irrévocable... Je mourrais ici, voyez-vous!

JEANNE MARTENS, bas.

Assez, je ne te retiens plus... suis donc ta destinée, et que le ciel te protège!.. (Haut.) Maître Fridolin, vous l'accompagnerez.

Moi?

FIUDOLI.N.

JEANNE MARTENS

Oui, vous veillerez sur lu;... vous calmerez, par votre raison et vos bons conseils, la î de son caractère... Vbusavezdc l'affection pour lui, je le sais...

FRIOOI.IN.

Certainement, je l'aime, l'ingrat, malgré tous ses défauts...

(Claes paraît au fond, tenant en main Zisco. C'aes n'a en plus qu'aux premières scènes, qu'une plume rouge à sa loque.)

CLAES

Tout est prêt, maître.

llrick, prenant la main de Jeanne.

Adieu, ma mère!

NIOCELLE, avec larmes.

Ulrick!

ULRICK

Avant un an, Niorelle, tu seras noble et riche, OU j'aurai cessé de vivre!.. Adieu !

(Richard s'approche el lui tend la main, il va vivement vers le fond sans répondre à cette avance. Fridolin le suit. Au momeni où il met ie pied à l'étrier, que tient Claes, Llrick fait un dernier signe d'adieu à sa famille.)

JEANNE MARTENSi

Dieu te garde, mon lils!

(Niocelle tombe éplorée dans ies bras de Jeanne Martens. Tout le cortège nuptial est uans la stupéfaction. — La toile baisse sur ce tableau.)

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