‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 379 sur 1577 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Les Mêmes, moins BASTIEN.

blucker. Au reste, Messieurs, vous savez que c'est une halte seulement que nous faisons ici... Il s'agit d'être les premiers à Paris ; on dit que le général York est à Château-Thierry, que le général Sacken est à la Ferté; nous sommes en retard.

bastien, rentrant. Eh! non, vous n'êtes pas en retard pour dîner, il n'est que deux heures.

blucker. Ce n'est pas pour dîner que nous sommes en relard, c'est pour arriver à Paris.

bastien. A Paris? vous allez donc à Paris, vous?

blucker. Certainement.

brisquet. Et que moi aussi, j'irai.

blucker. Combien de lieues encore, d'ici à Paris?

bastien. Vous me faites honneur, mon général, il y en a vingt-trou.

blucker. Dites donc, l'ami, la ferme est crénelée. (.1 Bastien, montrant fa mrurtrières. ) Qu'est-ce que c'est que cela?

BASTIEN. Sauf votre respect, mon général, c'est un trou.

bluker. Oui, mai.\ qui a fait ce trou-là ?

BASTIET. Ce sont les Français, mon général.

brisquet. Mouchard, va !

bastien. Ils sont passés et ils disaient

LA BAKIUliKK CUCHY.

oui une cela : Voilà une bonne position, faut lu défendre ; alors ils se sont mis à faire des trous, mais je lotir ail dit: Vous dèléHorer

les murailles. Alors ils m'ont envoyé très-

luill.

blucker. Eh bien, ([ne leur as-tu dit ?

BASÏiÉR. Je leur ai dit : Vous me faites honneur, et j'y suis allé.

BLUCKEB. Décidément cet homme est idiot. A table, messieurs, à table.

li: camin, à Ilastien. Ah ça, pourquoi donc aller lui dire?...

rastien. Laisse donc, je les fourre dedans.

BRIsouet. Comment?.. [Bastien lui parle â l'oieille.) Enfoncé le cheval à Thomas.

in aide |de camp, entrant. Le feld- maréchal.

BLUCKEB.. Venez, monsieur. Eh bien, quelles nouvelles de Cet e canonnade d'hier?

i.' vide de camp. Mons ijgueui1, il paraît qu'il y a eu un rude combat.

BLUKi-B. Où cela?

l'aide de camp. Du côté de Champaubert.

blcckeb. Avec quelque colonne française égarée.

l'aide de camp. Non, votre excellence, avec un corps d'armée tout entier.

bluckEb. Commandé par Raguse, Trévise, Tarente.

l'aide de camp. Non, excellence; commandé par Napoléon en personne.

blucreb. Par Napoléon ? Il est à Brienne, Monsieur.

l'aida de camp. Je crains que voire excellente ne soit dans l'erreur. Jl paraît que l'Empereur est arrivé hier par la route de Nogent à Sézanne.

bi ucker. J'ai fait tàter cette route, elle est impraticable.

l'ajde de camp, l'as pour lui, Monseigneur.

blucker. Eh bien, il a rencontré le général Alsufief.

l'aide de camp. Oui, Monseigneur, et il paraîtrait même qu'il l'a battu.

blucker. Que diable dites-vous là, Monsieur?

l'aide de camp. C'est ce que viennent de nous apprendre les fuyards.

bluckeb, se levant de table. Les fuyards? Et Alsufief, qu' est-il devenu ?

l'aide de camp. Il est pris, Monseigneur.

blucker. Comment, pris ?

l'aide de camp. A\er les deux généraux qui communiaient sous ses ordres. Lue cinquantaine d'officiers et dix-huit cents

hommes.

HLi'KEit. Monsieur, Monsieur, c'est impossible. Fusillade.) Qu'y a-t-il? Les Français débouchent par la route de Champaubert.

l'aide de camp. Qu'avais-je l'honneur de dire à votre excellence ?

BLURER. Comment ils auraient l'audace de nous attaquer, qu'est-ce que cela? Les avant-postes qui se remontrent ? Aux armes, messieurs, aux armes!...

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