SCÈNE V
VICTOR seul, puis EMMANUEL.
victor. Ohl l'Empereur m'a parlé! Je l'ai donc vu!., je lui ai donc parlé!.. G'est à moi... pauvre enfant, misérable atome perdu dans la foule, qu'il a dit ce qu'il vient de dire?.. Oh! non, ce n'est pas à moi, c'est à lui-même, c'est à sa pensée qu'il répondait, c'est au génie invisible qui marche à ses côtés, c'est à la voix d'en haut qui bourdonne à son oreille. G'est donc ici, sur cette parcelle de terre, avec quelques serviteurs fidèles, que respire cet homme qui naguère trouvait qu'il étouffait en Europe, qui habitait les palais des Gésars, entouré des hommages et des adorations de la plus belle -cour du monde, la tète couverte au milieu de huit rois se tenant respectueusement devant lui, chapeau bas. — Oh!
que je comprends aussi bien l'enthoushsme de ces hommes qui mouraient pour
Si
I A TURKIFRE CLir.ïlY.
lui... que j<- ton, promis I" fainlli.-me de mon
EMMANUEL, paraissant tur la terrasse.
Victor! victor!
\ iCibn. Emmanuel!
bmmani m.. Mon frère, mon rlu-r Victor! Et la colonel!
\ IÇTOB. Il se porte ù merveille.
K'IMimo,. Franco?
VÎC'IMR. Kilo il'U'Ilil.
immvnit.l. Cjlêrë bien-année. Ali! si elle savail que de loule la France c'est elle seule que je regrettel
vie ion. Elle s'en doute bien.
EMMANUEL. Mais comment es-tu verni?
comment iYs-tu procuré un passe-port? Tu as (ù ('prouver mille difficultés ?
victor. Je suis vend par" Turin, la&pe/zia,
Livourno; et comme je n'avais pas de passC-poTt à la Spezzia, j'ai pris la place et le costume d'un matelot qui est resté a terre.