‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 452 sur 1577 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les Mêmes, LE GÉNÉRAL DOPPET, SALICETTI, ALDITTE, GASPARIN , État- Major.

le génékal. Eh bien, qu'en dites-vous, citoyens commisaires, êLs-vous satisfaits des apprêts du siège ?

salicetti. Je dis que tout ce que je vois ne s'accor le guère avec les instructions que j'ai là, dans ma poche, et que j'ai apportées de Paris.

LE génèrvl. Salin tti a raison : la situation est critique, le mal a empiré, et il faut y porter rem de.

alboise. Remède 1 Entends tu le médecin?

LE général. Il y a ici , dit-on, un commandant d'artillerie par inté Un.

salicetti. Un petit jeune bomme qui fait l'entendu et qui voudrait en lemontrer aux généraux.

LE GÉNÉRAL, tout eu hraquant sa lorgnette sur Toulon. Nous lui apprendrons à se tenir à si place. (All-anl >u fond.) Qu'estce que c'est que cette batier.e? Qu'esl-ce qui |'a fait placer là?

baymo.nd. C'est lui, mon général, le coin* mand.nt.

le GÉNÉRAL. A quoi bon ? Toulon est par là , et la batterie est d rigéé de ce côté-ci.

DUROO. Contre le fort du petit Gibraltar. Le commandant dit que c'est la ciel de Toulon.

LE GÉNÉRAL. Ah! voilà un gai'lnrd bien habile ! Qu'est -re qui nousadonné de pareils milita res? et le sous -lieutenant qui nous cuiite ça sais rire?..

DUROG, déconcerté. Général!..

le général. Pableu! il <st temps que j'arrive... Voyons, a-t-on au moins essayé cette batterie ?

junot. Non, mon général.

le général. Pourquoi?

junot. Le co nmandant l'a bien défendu.

le général. Parbleu ! ça ne nous étonne pas... Il a peur qu'on ne s'aperçoive d- sa gaucherie. v N'importe, ça servira toujours à effrayer l'ennemi.

junot. Gomment, général ?

le général. Oui, oui, nous allons un peu tâter le pouls aux Anglais.

BONAPARTE

aï-boisé, au caporal. Tâter le pouls ! Et pourquoi pas les saigner, docteur de nion cœur?

LE général. Démasquez les b tteries.

(Les canonniers se dip /sent.)

JUNOT. Mais, général...

le général. Qu'est-ce qui se permet de raisonner?

salicettl De mauvais soldats, de mauvais patriotes? Nous sommes ici pour les connaure ei le< punir.

RAYMOND. Ah ! si c'est comme ça!..

lk GÉNÉRAL. Démasquez cte buterie, vous dis-je. .. Pointez, feu ! (Les canonniers tirent un coup de canon.)

m:ène m.

Les Mêmes, BONAPARTE, accourant.

Bonaparte. Malheureux !.. Qu'e.t-cequi s'(st permis?..

LK GÉNÉRAL. Moi.

Bonaparte, ôtant son chapeau. Le général!

î.i général. Avance!.. Oui es-tu?

BONAPARTE. .Je curnman de l'arii lerie en l'abs tire du com i andant en chef.

LE GÉNÉRAL. Ton noinî

Bonaparte. Bonaparte.

le général: Tu es j une... je veux bien ('excuser. Qu'est-ce que c'est que relie batterie q ii tonne le dos à la ville? Tiens, je viens de 1 essayer... les boulets veut s'aplatir sur un mur, pendant qu ■ ces chiens de Toulon nais se moquent de nous.

Bonaparte. Ah ! général, vous avez fait éch> uer tout mon plan. ..

le général. In plan! Tu avais un plan, toi? Qu'en dis-iu, Saliretti?

SALICetti. Je dis qu il est temps d'av ser au salut de la République, coniorom s par des ignorants. Expose les idées, citoyen général.

le général. Mes idées ? elles sont bien simples, c'est de canonner la {lac jusqu'à ce u'elle se rende à discrétion,

Bonaparte. Mais, général...

SALicETil, « DuMiaile. Tu n'as pas la parole.

le général. Je commence pir bloquer la ville de. tou.-> les côtés hermétiquement.

Bonaparte. Et la mer?

LE GÉNÉRAL. Hein? la mer? Eh! parb'eu, quand nous aurons la ville, nous foudroierons l'es adre.

Bonaparte. Mais... po r l'avoir...

SALICETTI. Citoyen, je t'ai déjà dit que tu n'avais pas la parole. (Bonaparte se. retire et s'assied sur un tertre.) Donne tes

Et

ordres, général, et l'on t'phéira ', sinon !. d'abord il faut détruire cette batterie,

BONAPARTE, se%vant. La détruire?

SALTCt-.TTt. Et quoi! tu oses encore?..

le général. Laisse- 1 , Salit etti, nous verrons plus tard... Allons, citoyens, continui ns notre visite... (A Bunap< rte.) El oi, mon pauvre garçon, un peu moins de présomption !.. Apprendsà ne rien faire de ton chef.». Il faut toujours consulter tes supérieurs.... [Mouvement de Bonaparte.) C'est bon .. on te pardonne; mais n'y reviens plus. .. (Bonaparte va s'asseoir, accablé , sur l'août d'une pièce. On bat aux champs, tout le monde s'éloigne.)

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