BONAPARTE, EUGÈNE
Bonaparte. Approchez, mon enfant. ..
eugène, s' approchant timidement. Oui...
général...
Bonaparte. Vous avez à me parler?
EUGÈNE. Oui, général...
BONAPARTE. Eh bien?
EUGÈNE. Je n'ose maintenant...
konaparte. Je vous fais peur?
EUGÈNE, 14 re tressant. Peur? Non; je n'ai jamais peur... Mais je ne sais pourquoi vous m'imposez. ..
ronaparte. Allons, remettez-vous , mon ami. Gomment vous nomme-t-on?
EUGÈNE. Eugène; mou père était, comme vous, un vaillant défenseur de la république... Il est mort...
ronaparte. Surunchampde bataille?
eugkne. Non... sur la place, là-bas.
ronaparte. Et il s'appelait...
ii GÈNE. Le général Beaubarnais. ..
ronaparte. Pauvre enfant!... Que puisje pour toi?
EUGÈNE. Tout, mon général... Mon père a et dépouillé de ses biens... Pour tout héritage , à ma mère , à ma sreur et à moi , il n'a laissé qu3 son épée! Oui , mon général, c'était tout ce qui nous restait de lui... et cette épée... on nous l'enlève... On nous dit
([ue c'est par votre ordre Oh ! non, ce
n'est pas vrai , n'est-ce pas? L'épée d'un père, d'un général... c'est sacré cela? Qu'estce donc qui ose y toucher ?
Bonaparte, se levant. Bien ! bien... mon enfant! regarde parmi ces armes (Montrant les épées suspendues au mur.) Retrouves-tu celle qui te manque?
EUGÈNE, tn désignant une. La voilà... je la re&onnais... Je l'ai vue *i souvent dans ta main... ô mon père!... (// s'agenouille.)
ronaparte, décrochant l'épée. Reprendsla donc de la mienne.
eugène, prenant l'épée. Merci, merci, mon général ! Ah ! laissez-moi vous embrasser! (Il saute au cou de Bonaparte.)