‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 539 sur 1577 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Les Mêmes, JOSEPHINE, NADDI.

(Joséphine, conduit? par Xtttdi, entre rapidement et court duns i<s buis de Bonaparte.)

Joséphine. Enfin, le voilà K..

RONAPARTE. Et toi sauvée 1...

BONAPARTE

JOSÉPHINE. Oui, sauvée; recueillie dans un asile impénétrable, par celte jeane femme, Naddj, mon ange libérateur I...

Bonaparte, '/ i\(nldi. Madame, je vous dois le moment le plus heureux de ma lie, peut être, et je ne l'oublierai p;.s!...

Joséphine. Que dit-on?... Ou'ai je entendu dire?... car je ne suis sure de rien, je suis folle de te revoir!... tu vas entrer dans celte ville pour y porter le pillage, la tu solution et la mort!...

Bonaparte. Laisse-moi !... Junot va te ; coi duire, laisse-moi!...

JOsÉPiiiNK Et je sciais venue de Paris j pour assister à des scènes comme celles que j'ai déjà vues, comme celles que tu me prépares... Non, non. ..je ne le veux pas!.. Nous verrons si, à mes côtés, tu auras le courage de te montrer cruel et impitoyable!. ..

Bonaparte Ne plaide paspour le crime!..

Joséphine. Tout un peuple ne peut être criminel, et c\st tout un peuple que tu vas punir!...

Bonaparte. Laisse-moi, te dis-je ! justice sera faite!... (// s'écarte d'elle , se retourne et se trouve en face de Naddi tombée à ses genou.r.) Que faites-vous!...

N-.nnr. Je ne vous implore pas. .. toute supplication est inutile, puisque les siennes sont impuissantes sur votre cœur. [Elle désigne Joséphine.) Il fallait une rançon a cette ville, la voilà !... (Elle désigne encore Joséphine.)- Dieu m'a permis de la sauver pour changer un jour de colère en un jour de clémence!

BONAPARTE, après les avoir regardées toutes les deux. Naddi, Joséphine, devant des femmes comme vous, la vengeance devient impossible, et la justice elle-même se sent fléchir et pardonne!... (A haute voix.) Mais, malheur aux patriciens de Venise... [regardant le cardinal) et à tous ceux qui auront partagé leurs manœuvres perfides et sanguinaires ! .. . (// tire sa montre, en pousse les aiguilles et la remet dans son gousset, puis il fait signe aux tambours qxu battent; les soldats accourent à leurs rangs.) Soldats, je vous ai dit ceci : A partir du moment où on aura franchi la porte de .Pavle, deux heures de pillage.

LES SOLDATS. Oui. . . OUÎ !. . .

Bonaparte. Les deux heures sont expirées. (Murmures d'incrédulité.) Il était une heure quand on a pénétré par cette porte... Il est trois heures maintenant.

les soldats. Ah! ah!...

BONAPARTE. Il est trois heures, vous disje; voici ma montre!... [Murmures divers.) Plus de pillage ! (Les soldais, dont quelques* uns murmuraient, se mettent à rire. )

axboise. Bile n'avance que ça? excusez... en v'Ià une patraque.

BONAPARTE Junot, condejs ces dames au palais où je vais vous rejoindre... Laisse d'ab ni ■ a ser la tête de nos troupes... elles seront en sûreté au milieu de nos rangs!... (Au cardinal, aux moines Ht aux autorités.) Vous rentrerez dans la ville lorsque le der • nier de nos soldats y aura pénétré... Si quelque trahison éclatait encore, je tiens la foudre dans mes mains, et rien au monde ne saurait la retenir eu la détourner... En avant!... (Tambours, défié, entrée dans la ville. Le théâtre change.)

Dlx-neuvièmc Tableau.

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