‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 540 sur 1577 · A PASSERIANO · texte numérisé non relu

A PASSERIANO

Le théâtre représente une campagne ouverte à Passeriano, prés Campo-Formio. — A gauche, on voit l'entrée de l'habitation occupée par Bonaparte.

UN ENVOYÉ DE VENISE, précédé rf'UN OFFICIER SUPÉRIEUR; Soldats au fond, sous les armes.

l'officier, à l'Envoyé. Citoyen podestat,

voici la première maison du village t!e Passeriaho, c'est la demeure du général en chef... Je vais le prévenir de votre arrivée. (// se dirige vers la maison aumommt oùJtinot en sort, suivi de deux autres Généraux.)

junot. Personne re peut entrer... le général s'est enfermé avec les envoyés de l'empereur... Ils mettent la dernière main au traité de paix.

l'envoyé. Malheur à nous !... Je suis venu trop tard...

junot. Ah! c'est vous, seigneur pro v éditeur 1... En effet, Venise arrive quand tout est fini, car les voilà qui sortent.

L'OFFICIER, aux soldats qui sont sous les armes. Attention!... Portez armes, piés^ n ez armes!... (Trois généraux autrichiens sortent de la maison, précédés de deux aides de camp de Bonaparte ; les tambours battent aux champs; les généraux autrichiens saluent Bonaparte et les officiers français, qui leur rendent leur salut, et s'éloignent.)

jl-not, à Bonaparte. Le signor prow'diteur Oitolini.

Bonaparte, à l'Envoyé. Puisque vous osez venir jusqu'ici, monsieur, c'est que la France, je le suppose, a obtenu satisfaction du meurtre de ses soldats?... Les assassins soni-iis punis? m'annoncez- vous l'arrestation des chefs de la révolte, du sénateur Pesaro et du commandant du Lido?...

l'envoyé. Général, le sénat de Venise, pour désarmer votre colère, avait ordonné qu'ils fussent conduits devant vous; mais tous deux, prévenus sans doute par quelques amis, se sont dérobés à toutes les recherchés.

Bonaparte. Ah ! je m'en doutais!... Mais je les retrouverai, moi, et s'il le faut, je retarderai mon départ.. Votre sénat sait déjà que je ne menace pas en vain... .l'ai déchiré son livre d'or, j'ai détruit son inquisition 1... S'il refuse plus longtemps la satisfaction que j'ex:ge, je ne laisserai pas pierre sur pierre de Venise la belle, et j'ôciirai sur Un poteau : Ici fut une ville lâche et sans foi!...

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