‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 732 sur 1577 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

GRANDIER, LE POSTILLON, à cheval, MAURIZIO et BIANCA dans la voiture.

le postillon, arrêtant les chevaux. Oh!

oooh !

maurizio, à la portière. Qu'y a-t-il? et pourquoi t'arrêtes-tu ?

le postillon. Dites donc, est-ce que vous ne voyez pas, la-bas?

Maurizio. Quoi?

le postillon. On dirait qu'il y a comme un homme, ou plutôt comme un fantôme au milieu du chemin.

maurizio. Qu'importe? homme ou fantôme, avance.

le postillon. Je vous ai dit en sortant de la ville qu'il me semblait que nous étions suivis.

maurizio. Si nous sommes suivis, raison de plus pour aller vite ; avance, avance.

le postillon. C'est que mes chevaux ont peur.

maurizio. C'est toi qui as peur, misérable, et non tes chevaux... Avance ou je te casse la tète d'un coup de pistolet.

le postillon, allons, puisque vous le voulez. {Il se remet en rouie.)

grandier. Arrête et descends.

LE postillon. Eh! je vous le disais bien.

GRANDiEit. Y a-t-il une femme dans cette voiture ?

LiAisCA. Oui ! oui ! oui!

maurizio, ouvrant la portière. Qui es-tu? que me veux-tu ?

grandifu. le demande s'il y aune femme dans celte \oiture?

bianc.a. Qui que vous soyez, à l'aide, au

au secours ! on m'emmène malgré moi; on

m'entraîne de force, on me fait violence.

. grandier. Ce n'est point sa voix; mais

qu'importe? c'est toujours une opprimée qui

demande secours. Dieu ne m aurait pas eivoyé sur sa route s'il ne voulait pas que y. la secourusse.

maurizio, l'épée à la main. Qui es-tu 1 Que veut-iu? C'est h. seconde fois que je u le demande .. Homme ou spectre réponds!

grandier. Maurizio dei Alhizzi.

maurizio. Urbain Grandier! Je tu

croyais en prison, magicien.

grandier. Non, non, je suis libre; libr.j pour empêcher tes mauvais desseins, et cependant...

maurizio. Ah ! Grandier, tu vas tout mi payer en une seule fois.

BtANGA. Grandier!... C'est Grandier!.

maurizio. En garde!

grandu r. Seigneur Maurizio, ce n'e»

pas à vous que j'en veux.

eianc\. Grandier, mon protecteur, mu ami; vous qui m'avez déjà sauvée deux fo: ne m'abandonnez pas, on m'enlève à / m fiancé. A moi, à moi!

grandier. Seigneur Maurizio, c'est la v< lonté du Seigneur que ceux qui s'aimentsoie unis. Rendez celte jeune fille à son époux : passez voire chemin.

maurizio. Je t'ai déjà dit de te mettre , garde.

grandier. Seigneur Maurizio, je ne s plus un so ddt querelleur, je suis un pau\. moine; ne me forcez pas de me servir couiv ^ vous d'une arme que je n'ava s pas prise co tre vous.

maurizio. Ah! tu étais moins humble qu.' cela dans l'église Saint-Pierre, misérable! garde ! une dernière fois, en garde. ( // menace de son épée.)

grandii r. Bi.mca! devant Dieu me prv ikz-vous p ur voire prot2Cteur?...

rianca. Oui! devant Dieu, ouil (E'i tombe à genoux. )

grandier. Alors, priez pour cet homrr.

il est mo t! (Les épées se croisent. Mauru . est blessé.)

rianca. Grand Dieu !

grandier. Oh! maintenant à Ursule.

rianca. Ne me quittez pas! (Min sonne dans le lointain.)

grandier. Minuit !

Ursule, en dehors. A l'aide ! au secour grandier. La voix, d'Ur. ule ! Me von- Ursule, me voilà !

VOIX DE SOURDIS, BARACÉ et NOGARE •

Ah! misérables! ah! band ts ! à mort! mort! (Cliquetis a" épées, coup de pistolet.

grandier. Ursule! Urule! (Lesseigneuf poursuivent trois bandits qui juient.)

URBAIN (IRANDtKR.

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