LES MÊMES, MAURIZIO
GRANDIER. Maurizio !
maurizio. Oui, c'est moi, Urbain; à mon tour de l'accuser, je t'accuse.
le peuple. Vous accusez ! vous! vous!
grandier. Ah ! je l'avais oublié.
laubardemont. Qui que tu sois, tu es le bienvenu.
la mère. Quel est cet homme?
grandier. Oh! ma mère! ma mèrel
maurizio , se soulevant. Oui , j'accuse Urbain Grandier de magie, de sacrilège et d'homicide !
laubardemont. Parle! parle!
la foule. De magie , de sacrilège et d'homicide !
maurizio, debout. Oui, j'accuse Grandier de niagie; car chacun sait que pendant la nuit dernière , Grandier était enfermé dans la prison de la ville, et il est sorti de cette
prison sans que les portes aient été ouvertes, sans que les geôliers l'en aient vu sortir.
tous. Oh ! oh !
maurizio. Oui, j'accuse Grandier de sacrilège; car, malgré le commandement du Seigneur, il s'est servi de l'épée sous ce costume saint qui proscrit l'épée.
tous. Oh!
maurizio. Oui , j'accuse Grandier d'homicide, car il m'a frappé à mort ; et si vous en doutez! [ouerant son pourpoint) regardez l.i blessure. La reconnais-tu, meurtrier? tiens, vois, vois, vois! [Il vient tomber aux pieds de Grandier.)
tous. Oh !
GRIlLAU. Mais réponds donc!
Daniel. Mais dis donc que ce n'est point vrai, frère!
la mère. Mais démens donc cet homme.
maurizio. On ne démens pas les morts, et je meurs.
guillau. Messieurs, messieurs, cet homme ment comme les autres.
TOUS. Oui, oui, il ment !
grandier. Cet homme dit la vérité, mes frères; je me livre à la justice des hommes; implorez pour moi la miséricorde de Dieu. Je m'abandonne à vous!...
laubardemont. Reconduisez -le dans sa prison, et que cette fois on le garde à vue.