ASSE
de courgemont. Encore vous!
joson, sur le mur. Et je suis le postillon, monsieur.
Mlle de vermandois. Eh bien ! faites atteler.
grelu. Je ne peux pas.
de blangy. Comment ! vous ne pouvez
joson. On ne peut pas, quoi !
de blangy. Est-ce que vous n'avez plus de chevaux ?
grelu. J'en ai encore quatre.
M1IeDE vermandois. Eh bien?
grelu. Mais ils sont retenus par la dame de ce matin.
tous. Encore!...
MUe de vermandois. Que cette dame en prenne deux et qu'elle me laisse les autres ; vous partagerez.
grelu. Impossible, on m: les a payés.
joson. Avec le postillon.
MUe de vermandois. On vousy obligera...
on s'adressera... à l'autorité; ij y a bien une autorité ici.
grelu. Il y a un maire, mademoiselle.
tous. Un maire!
grelu. Un maire qui est absent, mais il y a son adjoint.
de courgemont. Comment dites-vous?
grelu. Adjoint!
M1Ie Dii vermandois. Et où est-il cet adjoint ? nous nous nommerons à lui et il vous forcera bien...
grelu . L'adjoint, c'est moi.
tous. Lui !
m"'; de vermandois. Encore lui!
JOSON, sur son tmir. Et je suis le garde champêtre, c'est moi qui empoigne les voleux d'fruits.
m"1 de vermandois. Que faire? que devenir ?
grelu. J'ai bien le salon commun à vous offrir...
Mllc DE vermandois. Le salon commun...
fi donc!
grelu. A. moins que cette dame ne veuille vous céder... Tenez, justement la voici, arrangez-vous avec elle .. Ah ! tant pis, je retourne h mes fourneaux. (// rentre chez lui.)
joson. l'.t moi je vas achever mon picotin, (il disparaît.)
SCèNS IV.
tÈsiflEMÉS, FLORA.
ri.ORA. N'est-ce pas de moi que l'on parlait?
l'A 11. LASSE.
DE iîlangy. La charmante personne !
hercule, allant à elle. La charmante pers...
m'" dé vbrmandois. Ici, Hercule.
HERCULE, revenant. Oui, grand'tantc.
FLOBA, riant à part. Ils ont de bonnes figures *.
DE BLANGY. Pardon, madame, c'est en cfl'et de vous que parlaient ces gentilshommes et mademoiselle de Vermandois.
FLOBA, à part. J'y suis. .. des émigrés qui reviennent. [Faitant une révérence.) Mademoiselle...
m"1' de VERMANDOIS, la lui rendant. Madame. . .
floiîa. Puis-je savoir ce qu'on disait de moi ?
vi1" niL vermandois. Mais... que vous vous êtes emparée, madame, de toutes les chambres de i'hùt- 1 et de tous les chevaux de la poste.
FLORA. C'est vrai, ça m'emb. .. nuie les voisins, et puis j'aime à rouler viie.
de coubgemont. Madame rentre sans doute?
fi.ora. Oui, je rentre à l'instant, j'étais sortie depuis une heure.
de blangy. Pardon, ce n'est pas là ce que veut dire mon nob'e ami.
FLORA. Ah !
Mlle DE vermandois. Nous désirons savoir si madame, profitant de la chute du petit usurpateur..:
FLORA. Vous dites...
Mlln de vermandois. Du petit usurpatcur ..
FLORA , à part. Ah ! c'est comme ça que lu traites le grand homme... Attends un peu !
M,lc de vermandois. Nous désirions donc savoir si madame rentre en France et si elle est de qualité.
FLORA. Je crois bien. (A part.) Je suis pleine de qualités.
m11' de vermandois. Madame est comtesse?
flora. Non, madame.
M1'1' DE VERMAM)OIS. Duchesse ?
FLORA. Non , madame.
m11" DE vermandois. Princesse !!!
feora, à part. Princesse! On nous appelle souvent princesses , nous autres de l'opéra. (Fiant.) Princesse? Oui, madame.
MDe de vermandois, faisant la révérence. Madame!...
tous, de meme. Madame!...
FLORA, comiquement. Messieurs...
* Blaugy , Flora , M11» de Vermandois, Hercule, Courgemont, le Yidarae.
m"' de vermandois. Elle est charmante , messieurs 1 tous. Adorable!
HERCULE. Oh ! oui; ado... (Il va à elle.) m11, de vermandois. Eh bien 1 Hercule...
HERCULE, revenant. Oui, grand'tanle. (I part. ) Elle m'ennuie, grand'tante.
flora , à part. Il est tout drôle , ce petit bonhomme. (Haut.) Mais je ne vois pas encore à quel propos vous vous entreteniez de moi.
m11, DE vermandois. Je voulais vous prier, madame, de me céder deux de vos chevaux, ou bien ùcux places dans votre chaise.
flora. Deux chevaux!... C'est que je ne peux guère voyager comme une femme de rien. .. Restent donc les deux places dans ma voiture...
Mlk' DE VERMANDOIS. Pour le vicomte et
pour moi...
HERCULE, à part. Oh! elle ne m'ennuie plus, grand'tanle.
MUo de vermandois. Et de peur qu'il ne vous reste quelque scrupule , comme il et bon de se connaître, je me nomme Alhénaïs Rosalba de Vermandois, du chapitre noble de Beaumont-le-Duc.
flora. Eh bien ! l'affaire peut s'arranger.
hercule. Ohl tant mieux!
tous. Ah !
MUo de vermandois. Vous consentiriez?
FLORA. A vous céder deux places?. .. Ma foi, oui... Mais de peur qu'il ne vous reste quelques scrupules, comme il est bon de se connaître, je me nomme Nini Flora, dite Camargo, danseuse de l'Académie, ci-devant impériale, de Musique.
tous. Une danseuse !. ..
FLORA, riant. Ah ! ah ! ah !
de blangy. Une... une danseuse... Ah!
ah! ah!...
M1U de vermandois. Oh !... l'horreur !... (Elle rentre à l'hôtel.) Suivez-moi, Hercule.
hercule restant et s1 approchant de Flora. Comment ! c'est si joli que ça, une danseuse ?
m"' de VEBMANDOIS, revenant avec colère. Eh bien !... eh bien ! Hercule...
hercule, courant. Oui, grand'tanle. (Il la suit. )
Mlu de vermandois. Venez, venez, messieurs.
tous. Une danseuse!... (Ils sortent tous, excepté de Blangy.)
FLORA. Voilà toute l'armée en déroute.
de blangy. Parbleu ! mademoiselle , vous leur avez joué un assez joli tour.
PAILLASSE
flora. Je ne vous fais donc pas peur, à vous, monsieur?
de blangy. Moi, mademoiselle ! je n'ai jamais eu peur... pas même d'une jolie femme.
flora. Eh bien, vous êtes plus spirituel qu'eux. .. et si vous avez besoin de l'un de mes chevaux. . .
de blangy. Mais je voyage à cheval , et j'en accepte un avec plaisir...
flora. Eh bien , monsieur... je suis enchantée de vous être agréable.
de BLANGY. Mille grâces , mademoiselle.
(H lui prend la main et la conduit jusqu'à la porte. — On entend un bruit de voiture et des cris de joie.)