‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 754 sur 1577 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

BELPHÉGOR, MADELEINE, HENRI, La petite JEANNE.

madeleine. Qu'as-tu donc, mon ami ?

belphégor. Ce que j'ai... ce que j'ai!

tends ton bonnet, petit. (Versant l'or dans le bonnet d'Henri.) Tiens, voilà ce que j'ai, et ce n'est qu'un petit morceau de ce que nous aurons *.

BENRï. Oh! des petits sous jaunes.

MADELEINE. De l'or!

belphégor, avec joie. Un peu d'or! une misère!.... une misère pour toi, femme!

pour toi qui es la fille d'un comte, d'un duc, d'un prince; est-ce que je sais?

madeleine. A nioi une grande naissance, à moi une fortune !

' Madeleine, Belphégor, Henri.

l'Ml.l .ASM..

BELPIII.CiUi. Oui, (tui, à toi lotit o la !...

Mais embrassez-la donc, entants! Ali! cette pauvre Madeleine, je l'adorais trop, il fallait biru qu'elle fût plus que moi.

m \ni:i.i im;, tremblante, (inillaunio, mon ami... mais... mais c'est donc bien vrai tout ce que m me dis là?

BELPHÉGOR. Parbleu ! est-ce que c'est pour rien que le bon Dieu t'a' ait faite si belle.,, pans un instant, Madeleine, toutes les preuves seront entre nos mains.

MADELEINE* Riches! nous serons riches.

{/ùiilirass.int Us enfant», Ali! mes enfantai mes pauvres enfants ! le cœur ne me saignera 'i plus à vous \oir couverts de haillons et presque mendiants.

BELPHÉcoiî. OuY.M-ce qu'elle dit!...

madeleine. Je ne dévorerai plus mes angoisses el mes larmes... je ne verrai plus torturer vos pauvres petits membres... je ne tremblerai plus pour vos jours. .. Oh ! mes enfants!... mes enfants!... que je suis beur< use!

belphégor. Madeleine! Madeleine! il y a

dans ta- joie quelque chose qui me fait mal... Mais tu souffrais donc, pauvre femme?

MADELEINE, lui tendant la main. Qu'importe, puisque j'ai pu te le cacher!

henri, l'embrassant. Ah! maman! maman !

belphégor. Henri! c'est un ange que Dieu nous a donné là!

madeleine. Un ange ! non. mon aini ! car je puis te le dire, à présent que nous allons être riches, ma tendresse maternelle n'était pas seule à souffrir, je sentais en moi comme des instincts de coquetterie, des désirs de luxe, de fortune, de bien-être... mon sang se révoltait contre ma misère.

) belphégor . Et ton sang avait bien raison . .. C'était le sang de vos ancêtres, madame; mais tu ne rougissais pas de moi, n'est-ce pas?

madeleine. Guillaume! tu m'as consolée de tout ce que j'ai souffert.

belphégor. Merci! Et maintenant, plus de souffrances, plus de larmes cachées; du bonheur ! du butineur pour toujours !

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