‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 761 sur 1577 · MADELEINE, CATHERINE · texte numérisé non relu

MADELEINE, CATHERINE

madeleine. Je suis bien aise que vous soyez restée, madame Catherine, j'ai à vous

parler.

Catherine. Je vous suis toute dévouée, ma chère enfant.

madeleine. Voyez -vous, je n'ai pas voulu attrister mon mari en lui parlant de l'état de Jeanne, mais on ne m'ôlera pas de l'idée que

ma petite fille et très-malade Oh! oui,

très-malade.

Catherine. Dame! que voulez-vous faire à cela? C'est un malheur auquel il faut bien vous résigner.

madeleine. Me résigner! Comme vous dites cela ! Me résigner ! oh ! non ! Dieu me protégera. Dieu m'a déjà inspiré une bonne pensée. Ici, au premier étage de cette maison, il y a un monsieur très-riche qui se fait soigner par l'un des ; remiers médecins de la ville. Je veux faire monter ce médecin, et le consulter pour ma pauvre petite.

Catherine. Hélas! y songez-vous? il ne fait pas de visites à moins de dix francs.

madeleine. Dix ira:-:cs, mon Dieu, dix francs !

Catherine. Dix francs! oui, ma chère, c'est pour cela que je vous dis de vous résigner. Quand on est pauue comme vous, quand on est amsi que vous attachée à un maiheurenx homme...

madeleine. Catherine, c'est mon mari, cet homme; et celle petite fille, que j'aime, c'est sa fille.

Catherine. Eli ! je le sais, Madeleine ! (A part.) Ène a raison cette femme. Mais n'oublions pas ce que j'ai prends de lui dire ! (Haut.) Voyez-vous, Madeleine, c'est trèsbien ce que vous dites là, mais ça n'emptVlu> pas que les gens riches sont heureux, ils ont de beaux enfants, bien frais, bien roses, bien portant, à qui rien ne manque, et qui avec le temps font de belles grandes filles avec de riches dots, que l'on marie à de brillants cavaliers. Ah ! ma ■ hère, puisque vous a', ez bon cœur et que vous êtes une bonne mère, ça

PAILLASSE

ne ferait pas mal quand vous seriez un peu riche...

MADELEINE. Riche I ri* lie ! A quoi bon me dire tout cela, me faire du chagrin, me briser le cœur? vous savez bien...

Catherine. Je sais... je sais tout, Madedeleinel Je sais que si vous le vouliez...

madeleine. Ciel! Guillaume vous a donc appris...

Catherine. Guillaume, non, il n gardé ses secrets ; mais c'e^t un autre, un excellent homme, qui vous cherche, qui a suivi vos traces, qui vous a enfin trouvée et qui m'a pari'- de vous.

madeleine. Mon Dieu!

Catherine. Un brave homme, qui ne nous poursuit ainsi que pour assurer votre ' bonheur, celni de vos enfants, de vos enfants que vous chérissez, Madeleine.

Madeleine. Ainsi il nous a découverts!

Oh ! si mon pauvre mari savait.. .

CATHERINE. Madeleine, soyez raisonnable., ce monsieur, il est ici [nés, chez moi, il va venir.

madeleine. Il va venir?

Catherine. Le voilà !

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