‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 785 sur 1577 · PAIT. TASSE · texte numérisé non relu

PAIT. TASSE

mari serait pair de Franco. ( .Ivre un éclat de joie.) Sacrebleu! (// aïpintè la scène à grands pas. )

Mllc de vermandois. Ah ça, mais, il a de singulières façons ce monsieur-là.

LE COMMANDEUR. Eh ! ch ! il revient d'Amérique, c'est un libéral.

le VIDAME, indigné. Un démagogue!

belphégor. Mais alors, voilà ce bateleur, ce faquin de bateleur qui fait un fameux chemin.

le duc. Lai !

BELPHÉGOR. Bédame, son mari !

LE DUC remonte à son bureau. Kst-ce qu'il Ta jamais été?

belphégor. Mais un peu ! j'aime à le croire 1

MUe de vermandois, suffoquée. Son mari ! j'espère bien que nous ferons casser ce mariage.

eelphégor, avec force. Hein ! ah ! vt us ferez...

madeliene. Oh ! c'est impossible, ne croyez pas cela.

m11, de vermandois. Pourquoi donc, ma nièce?

relphêGOR. Oui, pourquoi donc, madame ? Est-ce que votre nouvelle famhle n'est pas toute- puissante? Mais certainement en cassera ce mariage. Voire mari n'aura été pour vous qu'un accident. .. et vos enfants... (à MUe de l ermaniois, el lui parlant sous h- nez) seront des petits bâtards...

Mlle de ve'smandois. Des bâtards !

le commandeur. Il a une crudité d'expression.

le vidame. Pouah !

LE DUC, qui écrivait au bureau. Monsieur de Piollac, voici une lettreque j'adresse au roi, en mon nom et au vôtre. Comme ami et comme exécuteur testamentaire de mon malheureux uls, nous m'obligerez en la signant.

relphéc.or. Ah ! nous écrivons au roi ? Et qu'écrivons-nous à sa majesl '.'

le DUC. Je lui demande comme grâce particulière; qu'elle veuille bi n me permettre de faire saisir, embarquer et disparaître ce Belphégor, qu'ensuite la procédure en rupture du mariage ait lieu à huis clos, et (pie madame soit dûment autorisée à passer aux yeux du monde pour \euve d'un officier mort eu Allemagne au service du roi. Veuillez signer, monsieur.

mahelline. Oh ! mon Dieu !

BELPHécor, à Madeleine. Ainsi vous voilà veuve, madame, et le voilà mort; Paillasse, il

est mort, c'est fini... pauvre Paillasse! \llons, re, ose en paix, et qtfê Dieu ait pitié de Ion âme

le vidame, riant. Ah * ah ! l'àine de Poillasse ?

MADELEINE. Monsieur !

BELPhEgok. Il a raison, le vidame, l'aine de Pailless ■ 1 Et- ce que ça a u ie âme ces gens-là ? Pas é les vid unes, les barons, les chevaliers, il n'y a plus d'âme !

LE duc, arec une fatiyue visiùl<. Veuillez signer, monsieur de iiollac.

belphégor, prenant la plume. Signer !

c'est-à-dire demander l'exil... la mort d'un malheureux, la séparation de deux êtres, que Di"U avait unis.. Savcz-vous bien, messieurs j que pour des grands seigneurs, vous agisses là comme n'eut pas agi ce baladin ? (// brise 84 plume.)

LE duc. Monsieur ! c'est au duc de Montbazui que vous parlez, el vous m'expliquerez sur l'heure.. .

MADELEINE. Mon Dieu !

BELPHÉCOR, axer un rire frénétique Ah ! ah! ah! ils n'ont rien compri y ni la rage qui m'étouffait, ni ce rire qui se noyait dans ni' - larmes, ils n'ont rien vu, rien deviné...

le DOC. Qu'entends je ! mais nous êtes donc...

rei.piiégor, arrachant sa perruque. Kli bien, oui, oui, je suis l'aillasse !

tous. Paillasse !

EELPHEGOR. Oui, Belphégor le Paillasse, Belphégor le misérable, le butor, la brute: mais celte brute a une femme, celte brute a des petits, et je viens vous redemander tout cela, eivendez-vous, voleurs! [On fuit un mow-ement pour VejetêT sur lui.) Ah! pi (liez garde, messieurs; Paillasse l'ait rire sur la place publique, maii il pourrait bien faire pleurer

le duc. Vous meiiuCez, je crois.

RELPHÊGOR. Et quand cela serait !

MADELEINE! Guillaume, je t'en supplie, écoute-moi.

RELPiiÉGOi'.. Je n'écoute rien, je suis ion mari, je sui^ ton maître. Vos lois, messieurs! au-dcs.-us d ■ vos lois, il y a Dieu qui m'a donné celle femme et je la garderai, ne vous déplaise. Madame, jetais vousemmeuqr avec Je; une, Jeanne qu vous m'avez vo'éeet qui est ma fi Ile.

madeleine. Ta file ! Eh! malheureux !

mais la fille se mourait.

Bklphégor. Grand Dieu !

MADELEINE. Elle se mourait, te dis-je ! belphégor. Elle! non, ce n'est pas vrai, je

PAILLASSE

l'aurais su, je l'aurais vu, je l'aurais deviné.

madeleine. Deviné ! est-ce que vous devinez quelque chose, vous autres ? C'en était fait, tedis-je, plus ;e ressources qu'une seule. Le bien-être ! ah! je seraisalléele chercher Mi prix de ma vie, o'e mon âme, et j'emportai ma fille mourante, notre fille, Guillaume, notre fille, et maintenant, si tu l'oses, accuse-

belphégob. Madeleine, ai-je bien compris? ai-je bien entendu?. .. Ma fille!... Où est-elle, où est-dle?

madeleine. Elle est ici.

belphégor. Ici !... Oh ! laisse-moi la voir, l'embrasser.

madeleine. Viens! viens!

UN domestïque, annonçant du fond. M. le substitut du procureur du roi.

tous. Le substitut du procureur du roi!.. le duc. Que signifie?...

SCÈlNE vu.

Les Mêmes, * DR COURGEvIONI '. Agents, de coukgemont. Cela signifie, monsieur

' Le Commandeur, le Vidarue, M"e de Vermandois, le Duc, Courgemont, Belphégor, Madeleine.

. le duc, qu'un homme s'est introduit ici, chez vous, sous le faux nom de Rollac.

le duc Comment?

belphégor. Que dit-il?

madeleine, avec effroi. Guillaume!...

de courgemont. Et nous sommes judiciairement informas que cet homme, ce prétendu Rollac, n'est autre que lavarennes.

tous. Lavarennes!...

de courgemont. Oui, Lavarennes, condamné jadis à mort comme traître et assassin...

leduc, montrant Belphégor. Lui? lui Lavarennes?

madeleine, allant au duc. C'est une erreur, un mensonge.

belphégor, avec force. Qu'est-ce que j'ai | de commun avec votre Lavarennes !...

DE courgemont. Au noni du roi, je vous arrête.

belphégor. Madeleine! moi arrêté!...

madeleine. Grand Dieu !

belphégor. Et ma fille, ma fille! Mais je veux la voir, l'embras er !...

madeleine, voulant aller à Belphégor.

Guillaume!

le duc, la retenant. Silence! par respect pour moi, et par pitié pour lui. (On entretînt Belphégor, le rideau tombe.)

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