SCÈNE IV
MIZAEL, seul.
« Quand j'ai quitté la tribu, me disait Ruben, » hier, on chantait l'hymme de tes fiançailles... » Oh ! je savais bien que l'amour candide et vrai de Suzanne triompherait de la résistance de mon père. Chère Suzanne, plus rien entre nous maintenant que cette distance, que je saurai bien franchir... Demain, etpourtoujoursjeponliferéunira les deux noms de Suzanne et de Mizaél. (La voix de Suzanne se fait entendre au loin. Elle répète te n— frain de l'hymne des fiançailles, chantée au deuxième acte.) Oh! c'est un rêve... une illusion... ce n'est pas la voix de Suzanne que je viens d'entendre... non... Le ciel commence à se charger de nuages rougeâires.) Cette voix, que je croyais reconnaître, celte voix de Suzanne n'est que dans mon cœur... (On entend le bruit du vent.) Comme te vent qui s'élève es! âpre cl brûlant, l'horizon se couvre de nuages enflammés... c'est le >imoun qui gronde et qui s'avance, et Ruben, Ruben qui ne revient pas... Ah ! lâchons de le rejoindre. (Il monte au fond. Il est arrêté par la voix de Ruben, qui, dans un très grand éloignemcnt , crie: Mizaél... Mizaël.) C'est lui qui m'appelle, il implore mon secours,
peut-être Ah ! courons... mais de quel côté ?
Je ne vois plus... je ne sais plus... (Criant.) Ruben ! me voilà... je vais à loi, mais pour me guider... appelle encore: Mizaél!... Mizaél !... Suzanne , en dehors.
Mizaél!... Mizaél!...
MIZAEL.
Mon nom !... Ah ! celte fois je ne suis pas en délire... La voix partait de ce côté... (Il indique a gauche.) et c'est bien la voix de Suzanne... (Appelant.) Suzanne!... Suzanne!...
SUZANNE, arrivant en courant et tombant daiu les bra< de Mfoatl.
Mizaél !...
LE TEMPLE DE SALOMON
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