‹ [Magasin théâtralChapitre 1054 sur 1545 · ÉMERANCE, ISABELLE, MENDOCE, GUSMAN · texte numérisé non relu

ÉMERANCE, ISABELLE, MENDOCE, GUSMAN

PEDRO

MENDOCE, hors d'haleine.

Partagez mon bonheur! j Le ministre... pour moi quel succès! quel bon- i

[neur! ! Le ministre sortait du conseil de Castille... Il m'aperçoit; d'un air oîi la vanité brille : « J'ai lu mon plan d'impôt, de comptabilité » Au conseil que je quitte; il en est enchanté. \ » Tous, pour mieux me louer, se sont levés en masse, i » El le roi m'a nommé grand de première classe !]» i

Le ministre, à ces mots, s'arrête brusquement. Sans daigner m'adresser un léger compliment. Moi, j'étais fort bles?é de son peu de mémoire; Car enfin, ce travail? qui le couvre de gloire,

Se gonflant les joues et se tournant vers Gusman. Ce travail est le mien!

GUSMAN, bas, à Pedro.

11 paraît oublier Que c'est moi... que c'est toi qui le fis tout entier!

MENDOCE

.l'attendais qu'il parlât de sa reconnaissance. Mais voyant qu'il gardait un obstiné silence, J'ai pris la liberté de glisser sans effroi

Avec aplomb.

A l'oreille du grand trop oublieux : Et moi? Ce mot pouvait me perdre, il lui plut au contraire. Oui, vous êtes, dit-il, un homme nécessaire; Je dois être et serai pour vous un protecteur. De chef que vous étiez, je vous fais directeur.

TOUS

Directeur!...

ISABELLE

Directeur ! que je VOUS félicite!

GUSMAN, bas à Mendoce, et avec confiance. El moi ?

MENDOCE , un moment surpris. Je suis aussi juste envers le mérite ; Elevant la voix.

Vous n'étiez que sous-chef, soyez chef de bureau.

PEDRO, bas, à Gusman, avec timidité.

Et moi?

GUSMAN

Je t'oubliais !

A Mendoce.

Et ce brave Pedro ?

MENDOCE, avec un peu d'impatience.

N'a-t-il pas une place?

GUSMAN , d'un ton piteux.

• Aspirant !

ISABELLE

Ahl mon frère!

MENDOCE. [raire...

Vous voulez plus? Allons, qu'il soit surnumé-

Avec emphase.

Surnuméraire en pied!

ÉMERANCE, ovec joie.

L'espoir est donc permis?

PEDRO, à part.

J'aifaitun grand d'Espagne, etnesuispas commis

FABRicio, annonçant.

■La comtesse Berlips.

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LA COMTESSE, ses Pages et m Officier dans le fond; MENDOCE, ISABELLE , ÉMERANCE, PEDRO, GUSMAN.

LA COMTESSE, à part, entrant par le milieu. Ma rivale se flatte ;

Je veux la voir avant que la foudre n'éclate.

ISABELLE, bas, à Mendoce.

C'est là celle Berlips qui régenle les rois?

m 11 s'iocline.

LA COMTESSE, bas, à l'Officier.

Tenez-vous à l'écarl.

ISABELLE

0 Dieu ! quel air bourgeois !

LA COMTESSK, à Mendoce, de Vair le plus gracieux. JMon cher, en vous nommant un ministre s'honore.. .

MENDOCE, charmé, et s'inclinant.

Âh ! comtesse...

LA COMTESSE, d part.

Le sotl , Haut.

Mais vous avez encore Avec persifflage.

Des droits que vous taisez, je ne sais pas pourquoi, Et qu'on recontiaîtra, car je m'en charge, moi.

11 s'incline.

A part.

La leçon sera bonne!

MENDOCE, bas, avec joie, à sa belle-sœur. Occasion charmante Pour lui parler de vous; elle est si bienveillante!

ISABELLE, étonnée.

Vous croyez?

MENDOCE

J'en suis sûr. (a) Elle passe devant lui.

ISABELLE, à la Comtesse, avec une humilité feinte. Madame, permeltez Qu'uhe veuve opprimée implore vos bontés. Exilé par l'arrêt de la cour souveraine, Mon époux vit ses biens réunis au domaine. Vivant, il a subi les rigueurs de la loi; Dois-jc aussi les subir?

LA COMTESSE, à pûrt.

Il me vient, sur ma foi, Un plan fort gai !

Haut.

Le bien que votre mari laisse Est-il fort étendu?

ISABELLE

Deux mille arpents, comtesse.

LA COMTESSE, s'approchunt vivement.

Est-il bien situé ?

ISABELLi:.

J'ai des eaux, j'ai dos bois.

LA COMTESSE, ôjfKtrt, cH s'upprochutU unpeuplus. Eh', mais ceci mérite attention, je crois! Haut.

Quel est le revenu?

ISABELLE

Dix mille écus de rente.

LA COMTESSE, S approchant encore.

Voilà, sur ma parole, une terre charmante! Et son nom?

ISABELLE

Ilermoso.

LA COMTESSE

Ilermoso!

(a) La Comtesse, Isabelle, Émcrancc, .Mendoce, Pairo, Gu:>maii, otr.

Avec joie.

Votre bien.

Je vois cela d'ici, fait angle sur le mien.

MENDOCE, avec empressement.

Justement.

LA coMTLSsr., d'un ton mielleux.

M'invoquer, c'est m'obliger, ma chère; Malideusomcnt.

Oui, dès ce moment-ci, je songe à votre terre... Comptez sur mes efTorts zélés, persévérants ;

Avec un charmant sourire.

Vous n'imaginez pas l'iatérôt que j'y prends.

A part, en se retournant.

Faisonssigneàl'exemptqu'il est temps de paraître.

MENDOCE, à la Comtesse, avec explosion.

Excellence, comment pourrons-nous reconnaître Une telle bonté?

LA COMTESSE, d'un ton doucereux.

Je ne réclame rien; Regardant Isabelle d'un air caressant.

On est assez payé lorsque l'on fait le bien.

A part.

Voilà, j'ose le dire, une très-belle affaire; Car j'annulle la femme et confisque la terre ! Elle salue, fait signe àl'exempt d'entrer, et sort.

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