SCENE IX
VALLERAY, setd.
Tant de perfidie d'un côté, de l'autre tant d'amour et de bonté! Ah ! la vertu des autres est mon premier châtiment. Je rougissais de nroi-iMêmè, et j'ai honte de ce que j'ai obtenu : vingt foisj'ai été prêt à me trahir, vingt fois l'aveu a expiré sur mes lèvres. Maintenant il faut me taire; mais j'en fais le serment, plus tard Amélie saura tout; plus tard je romprai moi-même le ti*su de mensonges où ma faute m'a enlacé. Je vaisdonc respirer enfin! quelques heures encore, et je serai libre, '!e ne verrai plus autour de moi ni complice ni ennemi; j'aurai retiré à moi et abrité dans l'olnbre et le silence de mon cœur le secret qui pouvait me perdre. Quelques heures seulement, et tous deux ils partiront. Occupons-nous de lui d'abord. Amélie m'a rendu le droit d'êtresévère, c'est son honneur que -je défend», son repos que j'assure.
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VALLERAY., DESILLES.
VALLERAY, s' avançant vers lui.
J'allais vous chercher.
liEsiLLES, ccptut,' après l'avoir examiné quelque temps.
Vous! quel singulier accueil!
VALLERAY.
Une explication est nécessaire entre vous et i moi.
I DESILLES
! Tu feras bien de me la donner, si tu veux...
VALLERAVy /'fjKerrompant.
1 Ne voyez-vous pas que je ne me sers plus pour ' vous parler d'un ton de- familiarité?
DESILLES
Je ne suis en effet ni sourd ni aveugle.
VALLBRAV, ttvcc clialcur.
Je l'étais, moi î mais mes yeux se sont ouverts. Je vous avais donné ma confiance, je vous avais nommé mon ami, et au mépris de ce titre... DEbiLLES, l'interrompant.
Pardon: pas de phrases inutiles. Que me repru I chcz-vous?
VALLERAY. '
L'aveu que vous avez fait à une femme que vous ' deviez respecter.
I DESILLES, froidement.
Qui vous l'a dit?
, Elle-même. Vous devez comprendre qu'il fau*
< quiltcr rrlto maison.
LES SUITES D'UNE FAUTE
DESiLLEs, de même.
Allons, calmez-vous.
VALLEUIAY.
Monsieur! ne lassez pas ma patience.
DESILLES
Monsieur 1 ne tentez pas ma iliscrélion
\AUtERM\.
Que voulez-vous dire?
DESILLES
Je n'ai pas pour liabitude de jouer le rôle de moraliste, et s'il me prenait jamais envie de rê- Jorraer le monde, je croirais de toute justice de commencer par moi et de m'adresscr mon premier sermon. Si mes paroles sont obscures, il y a ici une personne que vous pourriez charger du commentaire.
VALLF.r.AY-
Monsieur: ...
DESILLES
Ah! vous me comprenez maintenant...
VALLERAY, O part.
Comment sait-il...?
i)EsiLLEs, avec une ironie marquée.
Eh bien, monsieur?...
VALLERAY, à part.
Moi, sous la dépendance de cet homme! oh non! non! (Ifaja.) Quelles que soient vos suppositions.
n'oubliez pas que vous devez sortir de chez moi,^
DESILLES
• Oui, mais, pris tou» dem-aux pièges que nous avons tendus, j'ai droit, pour ma part, à une retraite honorable. ,:-•.•>
.v4;llejia.t. : . '
Assez, assez, monsieur. Il ne nous reste plus qu'une parole à échanger: c'est à vous de voir s'il vous convient qu'elle soit prononcée.
DESILLES
C'est à vous de la dire»
VALLERAY.
Eh bien!... (Se reprenant.) Amélie!... allons, encore ce sacrifice à ton repos. [Haut.) Quand partirez- vous?
DESILLES
Dans deux heures. Il me faut le temps de donner un prétexte à ïoon départ.
VALLERAY.
Et d'ici là s'il survenait quelque trouble dans cette maison, c'est à vous , à vous seul que jVn demanderais compte.
Soit.
VALLERAY.
Dans deux heures. Oh! patience, patience!
Il sort à gaudic. Desilles sort un instant après lu: p.Ti' la fond.
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