SCENE PRE3IIERE
FERMONT, puis DESILLES.
FERMO.NT, à Prosper avant d'entrer.
'V^ous avertirez M"'= Valleray que je me rends à .-.on invitation. (Prosper se retire.) Eh bien, monsieur Desilles, vous ne rentrez pas'?
DESILLES
Me voici; je réfléchissais au parti que je dois prendre.
FERMONT
Où donc alliez-vous quand je vous ai rencontré?
DESILLES
Je me promenais au hasard, combattu par d'étranges idées. Tel que vous me voyez, mon cher monsieur Fermonl, j'ai reçu aujourd'hui même, et dans ce pays, un affront... mais un de ces affronts qu'il faut dévorer «n silence, car un éclat ne fait que les aggraver; mon amour-propre a été cruellement blessé, et je flotte encore indécis entre le pardon et la vengeance.
BERMONT
Ce que vous dites m'étonne et m'afflige. Mais enfin, quelle que soit roiïensc el de quelque part qu'elle vienne, il me semble qu'il vaut mieux montrer de la générosité.
* Desilles , Ferment.
DESILLES
Oui, pour égayer le monde à mes dépens. Vous sait-on gré d'être généreux si vous n'avez pas les moyens de nuire Ml faut au moins que je cherche à me les proturer... mépriser l'injure quand on s'est rendu redoutable, je le conçois; mais fuir devant elle, comme un enfant pris' en faute, confesser ainsi sa lâcheté et son impuissance , c'est trop d'abnégation, et je neserai jamais de ces parfaitscliréticns qui tend«nt1ajouc au second soufflet. Je ne veux à aucun prix laisser derrière moi un ridicule. .. voilà les idées' qui m'obsédaient quand vous vous êtes offert à ma rencontre sans m'apercevoir d'abord.. .vous aviez aussi l'esprit préoccupé quelque affaire administrative?...
FERMONT
Point du tout... un de mes anciens amis, à son retour d'un long voyage, vient de m'informe d'une nouvelle fâcheuse , la disparition d'u;ie personr.o de sa famille que j'ai connue autrefois .. il me supplie de me livrer' à des recherchés., mais tout-à-l'heure, en arrivant ici J'ai cru apercevoir de loin dans le parc une jeune personne dont la ressemblance...
DESILLES, l'interrompant.
Une jeune personne?... il n'y a ici que Louise, la nouvelle femme de chambre.
PGRIIONT.
Je me serai trompé.
DESILLES
Que sait-on? A votre place, je n'en resterais pas là; j'ai pour système de tout approfondir.
FERMONT
C'est ce que je ferai.
DESILLES
Bravo ! j'aime les mystères, quand ils mènent à une découverte.
FERMONT
Mais je ne sais si le domestique a bien fait ma c ommission. M°"= Vallcray ne vient pas.
DESILLES
Elle doit être auprès de son mari, comme toujours.
FERMONT
C'est un ménage si uni 1
DESILLES
Oh! parfaitement uni : ce qu'on dit à l'un, c'est comme si on le disait à l'autre.
Ah ! le voici.
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