‹ [Magasin théâtralChapitre 1135 sur 1545 · LEPIDUS, LAVINIA · texte numérisé non relu

LEPIDUS, LAVINIA

LEPIDUS, inquiet.

Dis, i'aimes-lu?

LAVINIA

Ce fou, dont l'audace est connue.

Peut, sous le vestibule, attendre ma venue; Pour que le cœur des miens en prenne du souci, Trop de choses, Cimber, me retiennent ici. Puis, qu'au moins du soupçon on me fasse la grâce, Quand il s'agit d'un fou sans respect pour sa race, Qui, plein d'un froid orgueil, sans loyauté, sans

[mœurs, JN'est bien qu'à la taverne ou chez les parfumeurs. Ami, si quelque jour, de Minerve oubliée. Je voyais ma jeunesse aux passions pliée; Si, folle par Vénus, j'acceptais un amant, O ne serait pas lui; j'ose en faire serment.

LEPIDUS

Mais alors, parle donc... et, d'une voix plus sûre, Déchire tout à fait ou guéris ma blessure. Parle !

LAVINIA

Non, Lepidus-, non, je ne t'aime pas.

LEPIDUS

<) malheur!

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SCÈNK TV.

Les Mêmes, CINNA , MARIUS, TITUS; les Amis.

TITUS

Jupiter accompagne les pas, <',onsul ! de ma maison tu con.sacres l'entrée.

MAItlUS.

Que ce salut vous fasse une vie assurée, Vous autres.... Cher Titus, éloigne ces licteurs. Kh bien! que pen.sez-vous de nos vils sénateurs. Vieillesse contre moi par l'envie animée. Qui no respecte plus ma vieille renommée? Ils poussent Annius a hâter mon trépas, Maiss'il est mon vainqu(!ur, qui ne vaincra-t-il pas? I.epidus. dis-moi donc ce (|u'il faut (|ue je fasse, Avec Sylla derrière et le sénat en face? l'ai veillé celle nuil, maudissant et priant.

LEPIDUS

Aucun bruit précurseur n'est venu d'Orient. Les dieux de chaque offrande ont reçu les prémices. Et veulent que demain s'assemblent les comices. La fortune à tes vœux sourit comme autrefois, Et tu seras consul pour la septième fois.

MARIUS

Je verrai du sénat la faction punie Alors. Je te salue, aimable Lavinie, Toi de qui la vertu surpasse la beauté, En ces temps de débauche et de perversité. Certes, chez les Romains grande est ta renommée. De cette austérité ma vieillesse est charmée.

IwVVIMA.

Consul, si ma jeunesse oubliait les vertus. Je voudrais m'appuycr sur celle de Titus.

TITUS

Noble femme !

MAHIUS.

De toi la foule est bien éprise.

A part Et cela peut aider ma nouvelle entreprise.

Haut.

Amis, que pour demain chacun de vous soit prêt.

Ras, à Titus.

Titus, je veux sonder ce jeune homme en secret. Va, laisse-nous. Il faut que seul je l'entretienne.

Bas, à Cirina.

Reste avec nous, Cinna.

TITUS, à Marius.

Ma maison est la tienne.

Ils sorlenl.

SCENK V.

LEPIDUS, aiARIUS, CINNA.

MARIUS

De tes prédictions je n'ose me flatter, El des pressentiments viennent m'épouvanter. Ces têtes du sénat a ma haine échappées M'accusent d'emporter les lois sur mes épées. El »iuand déjà je tremble au seul nom de Sylla, Ils poussent le premier des leurs au consulat. Dis-moi, jeune Cimber, le connais-tu, cet honmic A qui l'on veut livrer la forliine de Rome? A-t-il, lier |)lébcieii, d'un bras ensanglanté (Juidé nos lé^çions sur l'Adige indompté? Non. C'est un débauche-, de ces pâles visages. Qui, d'une tyrannie acceptant les présages, On l'air de s'endormir aux tavernes le soir, El qui, le lendemain, au trône vont s'asseoir; De ces gens qui, voilant leurs volontés superbes, Alfectent de rester au milieu des imberbes, El qui, quand leur moment de grandir est venu. Laissent voir un orgueil trop longtemps contenu. Dis-moi, bon citoyen, veux-lii que ta patrie. Des efforts qu'elle a faits encor tout meurtrie. Agonise au pouvoir d'un jeune ambitieux. Qui rit des lois a Rome, etdela foudre aux cieux? Lui consul, pour \ous Icuis c'est une mori cerlaine.

LE VIEUX CONSUL

Le déshonneur pour moi, votre vieux capitaine. J'avai-i voulu d'abord, par un juste trépas... Mais, s'il faut l'avouer, amis, je n'ose pas. J'ai frappé tant de fois, la fortune se lasse... Un plus jeune que moi tremblerait à ma place. Parlez, je vous écoule et suis prêt d'accepter Les résolutions que vous voudrez tenter.

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