SCENE Yll
BERTHOL, GEORGES.
GEORGES, entrant. Je viens, mon ami, vous appeler à m.on aide... J'ai tout dit à Jeanne, et con)me mon cœur, son cœur n'a pu contenir un cri d'éponvance... puis un sentiment de fraternité jusqu'alors inconnu a traversé son âme , puis l'horreur que lui inspire son amour brûlant encore... Puis enfin, tant de joie dans sa douleur, tant de douleur dans sa joie semblent avoir un instant égaré sa raison... et je tremble et ne peux raffermir son âme, moi qui ressens les mêmes terreurs, éprouve le même délire... Mais venez... vous, que la Providence a mis entre nous comme le salut de nos consciences; vous, que Jeanne a déjà béni comme son" sauveur... venez consoler ma pauvre sœur, que sans vous je laisserais seule dans le monde.
BERTHOL. Eh bien! oui, Georges, venez, et nous la consolerons, nous qui pourrons la convaincre qu'en échange de son espoir détruit. Dieu lui donne un frère courageux et bon, que le temps ramènera plus tard auprès d'elle...
GEORGES. Peut-être!...
BERTHOL. Êtes-vous prêt?
GEORGES. Je vous attends !
BERTHOL. Parlons!
Ils sortent par le fond.
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SCENi: \ 111.
DANIEL, sortant de la chambre.
Ils sont partis... ils vont trouver la jeune femme, Berthol avait bien prévu... Tout marche au gré de ses désirs. {S' approchant de la fenêtre). Les voici déjà sur la place... Ils entrent dans une maison près de l'église... Allons, l'alTaire est en bonnes mains... Je suis impatient déjà de savoir ce qui se passe. .. Si je m'approchais de la maison de Jeanne.. . Je n'ai plus rien à faire chez Georges... Oui, je veux me mettre sur le chemin de Berthol. . . {S'arrêtaitt au fond.) i^lais qui vient? Une jeune fille qui porte l'habit des orphelines. Un jeune soldat l'accompagne, la guide, la soutient... Soyons prudent... rentrons ici. . . Berthol ne m'a pas chargé de faire les honneurs!
11 entre dans la chambre.
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SCÈ?sE IX.