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SCENE II

MAUiOÎSNETTE, BABET, GOGO, M"" COCHOIS, LOLLOU.

LOULOU. C'est affreux ! c'est abominable !

M""= COCHOIS. Qu'as-tu donc, mon Loulou?

LOULOU. On vient, ma mère, de me saluer du plus sot compliment qu'on puisse adresser a un frère touchant la conduite de ses sœurs.

M""^ COCHOIS. Mon lils, modérez vos expressions !

LOULOU. Qu'est-ce que je fais donc^, ma mère? si je disais tout ce que j'ai sur le cœur, oïT verrait beau jeu ici.

MARIONNETTE. Allons ! voici ses lubies qui vont recommencer.

GOGO. Est-il singulier, ce Loulou!

M'""' COCHOIS. Mais c'est très-malhonnête, mon fils... Est-ce que vos sœurs ne sont pas sages ?

'Mariotiiiette, Babel, (iopo, Mme Cocliois.

LOULOU. Il ne suflit pas aux demoiselles Cbchois d'être sages, il faut qu'elles ne soient même pas soupçonnées, et je les soupçonne fort... de l'être. J'entends si bien l'honneur, moi !. .. Ah I si Dieu m'eût fait demoiselle à leur place !

M'"" COCHOIS. Qu'est-ce que tout cela signifie ?

LOULOU, désignant ses sœurs. Elles me comprennent bien.

GOGO. Dieux ! que c'est ennuyeux un homme dans une famille !

LOULOU. Il paraîtrait que ceux du dehors le sont moins, car il en vient assez à la maison , et je ne vous Vois jamais bâiller que lorsque les galants n'y sont plus.

MARIONNETTE. Sais-tuquc tu nous impatientes avec tes sermons?... Tu ferais bien mieux d'aller surveiller la conduite de ta fiancée, qui est à cent lieues, et que nous n'avons jamais vue, que de rester ici, pour nous faire d'aussi sols compliments.

GOGO. Dis-lui donc mieux son fait. Moi , qui suis Saint-Jean-bouche-d'or, et qui me moque de ses airs de matamore, je lui. répondrai qu'il ferait bien mieux de nous prêcher d'exemple que de belles paroles hypocrites... Il te sied bien de nous gourmander, toi qui cours jour et nuit...

LOULOU, l'interrompant.. Quant a mes excursions de jour et de soir (car de nuit, jamais!)... plus tard, quand il en sera temps, j'en saurai faire connaître le motif.

M""' COCHOIS. Eu attendant, c'est abominable ! 'Tenir des propos pareils, quand à la cour, à la ville, on appelle vos sœurs les trois vertus !

LOULOU. Qui cela? Le marquis d'Argens peut-être? Le comte?... Le baron?... C'est rassurant.

M"'*^ COCHOIS. Loulou !

LOULOU, s' animant par degrés. Tenez, ma mère, croyez-moi ; partagez plutôt ma juste indignation , et répétez avec votre fils ce vers domestique du grand Poquelin , notre compatriote !

« Guerre, guerre mortelle à ces larrons d'honneur ! »

Le grand Poquelin a mis ce; je dis ces, parce qu'ils sont plusieurs /a/Tons qui viennent ici... Ainsi , répétez solennellement avec moi :

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