MARIONNETTE, BABET, GOGO, M"'« CO- CHOIS, LE PÈRE COCHOIS, LOULOU
LE PÈRE COCHOIS. Eucorc la même phrase !
MAGASIJN THEATRAL.
A la lin, inexpliqueras-tu ce que veut dire ( elle cl la 11 son (|iu: lu inc cornes au\ oreilles depuis hiiil juurs ?. •
i.oULOi:. (À'Ia veut dire que voire ruche est eux allie par les bourdons, pa])a.
LE PÈRE roCMOis. Tieiis, je le comi)rends mieux (luaud tu danses que quand lu parles... Ma ruche... les bourdons. .. quel galiinailas !
Loii.ou. Le galimalias est que les miiliflors l.iisonnent ici, voilà pour les bourdons; (|uani à voire ruche, j'entends par là la luaiMiu et 11- précieux honneur qu'elle devrait leiilcrnier.
LE i'Èi\E C.OCHOIS, rcijardaut ses filies. Oh ! oh !
LOULOU, triompliant. Ah! ah!
LE PÈRE cocuoJs, « Loulou. Lli bien ?
LOULOU, stupéfait. Eh bien?... Eb bien, comme vous êtes presque toujours dehors, la respon.vabilité me 'reste ; de sorie (jue la maison me pèse horriblement sur les épaules.
LE Ptiiji COCHOIS. Enfin, qu'est-ce qu'il y a?
LOULOU. Jl y a que le logis ne désemplit pas de comtes, de marquis, de barons et aunes. Ma mère a beau être vigilante, elle n'a (pie deux yeux; et quand même elle verrait tout, elle n'empêcherait pas le public de jaser.. . (t il jase, le public.
LE PÈRE COCHOIS. Comment ! je ne pourrai pas tranquilleilient faire ma partie de dominos il la buvette, où m'appellent mes fonctions de (lui de cabale à l'Opéra ! il faut qu'en renirant j'apprenne d<s choses...
.M"" COCHOIS. Yoiic lils est un iipbécile, monsieur Cochois.
LE PÈRE COCHOIS. Hcill.?
LOULOU. Comnieni. , mon |)ère , n'est-ce pas, par exemple , une atrocité au manpiis d'Aryens? S'introduire dans la maison, à l'aide de faux désirs d'a|)prendre à danser au cachet, voulant, me disait-il, récréer en peiil comité sa majesté de mes divines arle(|uinade.s'... Je les lui apprends toutes, en costume encore ! et pour récompense, ( car ses maudits cachets ne sont (pK; cachets d'infamie), il nie rend, de concert avec ses deux ("omplices, U'. comte et le baron, le plus ridirule des frères... des frères <pii ont des sd'urs... et on ne me les a pas épargnées, les sœurs !
M"" COCHOIS. (hioi !... l'on allacpiera de la sorte vos (/rmuisellcs , et vous le supporterez, monsieur (iochois!
I E PÈRE COCHOIS. Non, je ne le supporterai pas!.... je (Udimiencerai par y mettre bon ordie. Ail! mes chers petits maîtres, iout\ieux danseur et réformé <\\ir. je suis, s'il vous faut une leçon , je nu; cliarg(! encore de \ous la doiiiiei-. Oui, oui, le père Cochois, sans \iolon, \ous apprendra à .sauter par lesfenélre.s.
LOULOU. Bien cela, papa!... et je vous y aiderai.
M"'" COCHOIS. Ah ! mon Dieu ! les voici !
LE PÈRE COCHOIS. Bah !
-M""" COCHOIS. à SCS filles. A votre ouvrage, mesdemoiselles !
LE PÈRE COCHOIS, bas, à M""' Cocliui.^. (Irois-tu qu'Usaient entendu, ma femme? (.1 Loulou.) Crois-tu qu'ils aient entendu, toi?
Lom.ov , indigné. Oh!... (.1 part.) Ce père n'a pas l'ombre de caractère.
sci:neiv.
GOGO, RLMUONNETTE, HABLT, assises; LL MAKOULS, LK COMTL , M'"" CO- CHOIS, SALLAIBEM, LE BAllON , LL PÈRE COCHOIS, LOULOU.
LE COMi'E, à AJ'"" Coclioû. Hounnage à la mère des Grâces, à ses adorables lilles! l'ermeiiez, belle maman (iochois, «pie je ramène dans \'oire brillante cour un illustre banni, le marquis d'Argens, (pii |)leure, gémit nuit et jour, depuis son fatal exil ; et vous , délicieuse Babet , cessez de le poursuivre de vos rigueurs, car la Faculté ne répond plus de sts jours, si vos beaux yeux n'ont plus pour lui que des regards de haine.
LE PÈRE COCHOIS, « l'écart. Diable! diable!
LE COMTE, l'apercevant. Eh! de par Dieu ! c'est le respectable monsieur Cochois! (pie je suis aise , llalté de le \oir ! il y a un siècle (jue nous ne nous somun s rencontrés. .. 'l'ouchez donc là... louchez, je vous eu prie. . .
1,1' pnrc Cofliois s'avance vers le Comte; LotiloiicluTclie ù l"(> rcleiiir par la bàsiiue île son liahii.
SAl.l.MREM, embrassant le père Cochois et te jaisanl tourner*. Ah ! pérè Cossois, (|ué zé viz embrasse, tantzé souis reconnaissant! Vos cevaliersdou loiislre, ils m'ont claipié avanlbier, ma cla(|ué!... à faire crever de dépit mes sers bous camarades.
LE PÈRE (.o(.Hois. Ail! siguor Salimbeni, \oiis a\ez bien c|ianté aii.ssi!... Lt puis, madame (Cochois vous avait lièremeiit recomiiiaudé au cliapilre.
SAI.I.MI'.l.M , </ M""' Cochois. Celle be^le zolie inaiiiaii !. . . peniieltez...
Il lui lini-o la main.
i.oui.oi , /i«.s-, au père Cochois, lui mon- Iranl SuUiitbeni. Vo\ez, nioii peiê !
LE PÈRE COCHOIS, bas. Ah! bien, |)ar exemple, il ne m'impiièle pas du Uuit, celui-h\
i.ERARON. Eh bien. Loulou, (pi'esl-ce que \oiis avez?... vous ne dites rien , mon cher.
Copo, Marionnettp, Itabel, assista, li- Marijuis, M""! (loi-lioii, Salirnht'iii , le prre Cnrliois . Loulou, le IJaruM «'i 1( Coiiilc, derrière (Jogo cl Marionn<-ltv.
LA FAMILLE COCHOIS
LOULOU, à part. Son cher ! {Haut, avec ironie.) Je regarde, monsieur le baron, je regarde.
SALiMKEiNi. lié boude, l'ami Loulou.
LOULOU, à part. Je t'en donnerai , à toi, de i'anii Loulou.
SALLMBENL lié boude et zé sais bien perché.
(iOGO. Dites-nous cela, monsieur ijalim-, béni.
LOULOU. Oui, dites-leur cela, le camarade Salimbeni. .. Si vous le leur chantiez, cela vaudrait peut-être encore mieux, l'ami lié, ul.
SALLMBENL No, c'est dou simple réciiaiif. Lé camarade Arlequin, il est lurious, perché ? parce que dépouis oun mois il est aux trousses dé la petite iNîcette. . .
LOULOU, à part. Aïe !
SALLMBENL Vostrezeunesouivaute, moussu le marquess, el que Trouiler, lé perrouquier dé l'Opéra, il la lui a soufOée à ïa barbe.
MARIONNETTE. Ah!
GOGO. Voilà donc le mystère dévoilé!
LE PÈRE COCHOIS. x\h ! tu cours la faribole, loi, l'honnne aux grands principes!... le voilà donc aussi dans les bourdons... et la rucbe, là-bas?... la liancée, si ebevientà savoir de les nouvelles, et qu'elle ait de la vertu dans s ju genre féminin, comme toi dans ton masculin... Oh! là là!...
• LOULOU. Mon père, ne parlez pas mal de ma liancée! je cruis à son honneur.
MAKiONNLTTt. C'est comme les sorcieis. . . lu y crois aussi.
LOULOU, traversant la scène et se plaçant à la droite de madame Cochois. Ne plaisantons pas là-dessus... Pardon, ma mère!.. . Ah! ail! c'est que... certainement, je crois aux sorciers, et j'ai de bonnes raisons pour y croire, depuis certain soir, chez monsieur le marquis...
LE MAKQUIS, bas aucomte. Mon appareil électrique. ^
LE COMTE, bas, au baron. L'appareil clectiique.
LE BARON, bas. Très-bien.
LOULOU. Écoutez. ( On se lève et on fait cercle*.) Un soir donc, j'attendais monsieur le marquis chez lui, dans son cabinet, étendu dans un -fauteuil, réfléchissant... à lién... lorsque, tout à coup, je reçois, sans la voir venir, une bastonnade aussi palpante (ju'impalpable. .. Oli! mais, une bastonnade ne lessemblant en rien aux autres bastonnades, une bastonnade, enhn, tout à fait à part.... Impressionné de la sorte, je cours vers la porie. .. pan! autre bastonnade! pour cellelà, ma foi, je me crus manchot... sans me donner le temps de bien analyser ma perte,.
'(logo, Marionnette, l>abet, assises, le Baron, le Coinie , le Marquis, debout derrière elles, Loulou,' .Mme Cocliois, Salinibi!jii, le pcrr Coclioi^;.
je me retourne... el me voilà zigzagué par les éclairs... abasourdi parle tonnerre... cela, notez-le bien , dans une chambre dont les fenêtres et les auvenls.éiaient fermés... Epouvanté, comme de raison, dégoûté des portes, me méfiant des armoires, je m'élance vers une croisée... je l'ouvre... il faisait un clair de lune... magnifique !... Et tout cela n'est pas extraordinaire... surnaturel?.. Oui, certes, jecroisauxsorciers,j'y crois! [Rire général*.] Mais comme je sersde risée ici à tout le monde, je m'en vais. .. Adieu, ma famille.
LE PÈRE COCHOIS. Va toujours... je saurai bien te rattraper... Au lieu de l'applaudir, je te ferai silfler dans mon parterre.
LOULOU. Votre parterre !. .. Il est au public, le parterre.
LE PÈRE COCHOIS. Tu cu as menti... il est à moi...
LOULOU. Nous vernms... je lui demanderai cela, un soir qu'il sera de bonne humeur. Adieu.
11 sort. Tous se moquent de lui.