‹ [Magasin théâtralChapitre 1191 sur 1545 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

GOGO, MARIONiNETTE, BABET,rtSSt\ses ; LE BARON ET LE COMTE, debout derrière (joyo et iiiarionnelte ; Ml"" CO- CHOIS, LE MARQUIS, SALIMBENI, LE PÈRE COCHOIS.

LE MARQUIS, bas à Salimbeni. Vous qui êtes de la maison, tâchez de nous débarrasser du papa.

SALIMBENI, bas. Zé vas loui délivrer son exéat. {Haut.) Ahl ça ma! papa Cossois, comment n'ètes-vi pas dou fameux piqué- , nique dé ce malin , à la bouvette dé Sanssouci ?... Ah ! si zé né santals pas ce soir, zé n'aurais, dé per Diou! pas manqué cellelà!... ils vont être gais comme des bonnets de nouit, vi n'y étant pas, vi l'àme des corps dézeunants, dînants et soupants, vile diou dé la lable. {Lui frappant sur le ventre. ) Oh ! l'admirable maître-autel !

LE .PÈRE COCHOIS. Oui, oui, il y est fort bon ie maître d'hôtel! Piteusement.) Ma\s madame Cochois ne veut pas.

i^ALiMBENi. Eh I perché donc ça, belle maman? c'est uommaze.. .

M"'" COCHOIS. On me le ramène toujours dans des élats... Dimanche dernier encore, il est rentré...

SALIMBENI. En palanquin?

M"'^ COCHOIS. Hué et sifflé par tous les polissons des rues.

LE COMTE, s' avançant. C'est drôle pour un chef de claque.

■ Le Marquis va se placer à la droite de Salimbeni.

M""' COCHOIS, reculant d'un pas. De cabale! monsieur le comte de... Czernichew !

LE COMTE. Pardon ! je suis un bari)are, belle maman ; mais vous ne le seriez pas moins, si vous empêchiez votre cher époux de déjeuner en si bonne compagnie.

,M""= COCHOIS. Allez, allez, monsieur Cochois.

LE PÈRE COCHOIS. Merci, ma femme.

Serviteur, messeigneurs .. Et vous, signor Salinibeni, à ce soir !

Il fait le gos(e d'applaudir et sort.

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SCÈNK VI.

Les Mf.MES, excqUéLE PÈRE COCHOIS.

LE COMTE. Adorable, le papa!

MARIONKETTE, se levant *. Un instant, beau comte de Riif-sie ! je n'aime pas qu'on se moque de ma famille... Si vous avez de l'esprit, vous ii'cn montrez guère.

M""" COCHOIS. Comment, comment. Marionnette!...

MARIONNETTE. Oh! Cela ne l'émeut pas; il est trop persuadé du contraire. Tous ces Russes sont si pénétrés de leur mérite ! d'ailleurs, ils ont l'habitude de malmener leur monde, et il est bon de leurs tomber dessus, quand on les lient !

LE COMTE, d'un ton emphatique. Tombez, tombez, mon astre, et entraînez-moi dans votre chute.

makiojNNETTE, se dirigeant vers le fauteuil placé à gauche. C'est bon, c'est bon... A genoux, là, sur ce tabouret, que j'essaye mon turban sur votre belle tète de Kalmouk **.

GOGO. Mon directeur, vous ne me dites jamais de jolies choses, comme monsieur le comte en débite à ma sœur.

LE RARON, imitant le Comte. Tombez, tombez, mon astre, et...

GOGO, continuant la phrase sur le même ton. Et entraînez-moi dans votre chute... [Au Baron.) Si vous n'avez que cela à m'offrir, merci!... Tenez, asseyez-vous, baron, <.'t i)arlez-moi du beau rôle à donner dans le ballet qu'on a reçu avant-hier.

LE r.ARON. Oh! il n'est pas pour vous, le rôle.

(iOGO. Je le sais bien... Asseyez-vous toujours.

Le haroii s'aisjfd près d'elle "'*.

* Gofço, assiso, le Baron, dr'bout dcrnèrp elle, Itabel, ai<5isp, Mariomielte, le Corale, M^c Cocliois, le Marquis, Salimbeni.

Gogo, assise, le Baron, debout derrière elle, Babet, assise, MmeCochoi», le Marquis, Salimbeni, Marionnette, assise, le Comte, à genoux.

**"Lo Baron, ilogo et Babel, assis, M"« Cocliois, debout , occupée de Babel , le Marquis , Salimbenf , Harioiiiielte, assise, le Comte, à ses genoux.

SALiMBEM, /;a.s, au Marquis. Poussez vostre pointe, marquess, /é vasoccouper la reine mère. Le Marquis s'approche de Babet; Salimbeni présente galamment la main à madame Lochois, qu'il amène sur le devant de la scène, et lui dit très-emphatiquement :)* Tomba, tomba, mon astre, et enstraînez-moi...

M"" COCHOIS, railleuse. Hum! le fat!

LE MARQUIS, bas à Babet. Ue grâce, deux mots, mademoiselle.

SALIMBENI, à madame Cochois, qui cherche d écouter le Marquis et Babet. No, il n'est point d'estoile piou scintillante que vos deux zious dé diamant.

M""" COCHOIS, minaudant. Ah! ah!

LE MARQUIS, bas, à Babet. Je suis sûr de pouvoir faire rompre mon mariage; alors je jure de vous épouser.

SALIMBENI , cherchant toujours à distraire l'attention de madame Cochois. Oh! oui ! que vous êtes belle, madame Cossois , et que cette élégante toilette, il vi sied bien !

M"'' COCHOIS, toujours inquiète du marquis. Vous trouvez, Salimbeni?

SALIMBENI, plus pressant. Elle est ravissante comme toute vostre personne.

Il fait signe au Marquis de prendre garde.

LE MARQUIS, bas à Babet. Chère Babet, fuyons en France.

BABET, bas au Marquis. Abandonner ma fau'.ille?... jamais!...

M""= COCHOIS, à part.

signes au marquis... le moi.

Elle' prête l'oreille.

SALIMBENI, à part. Zé crois qu'elle s'aperçoit dé quelque soze.

Il tousse pour avertir le Marquis.

LE MARQUIS, bas à Babet. Acceptez du moins mon rendez-vyiis.

Salimbeni tousse plus fprt.

BABET. A ce soir... dans ma loge!

M"" COCHOIS, à part. Lin rendez-vous!

( Haut. ) Allons, mesdemoiselles, priez ces messieurs de vous permeitrc de prendre congé d'eux; il est l'heme de la répétition.

On se lève".

LE COMTE, à Marionnette. Sans adieu , belles (lames... je vous rends voire tm-ban.

MARIONNETTE, montrant le turban. Oh!

voyez donc la belle agrafe de diamants !

LE COM lE. Oue je suis heureux (|u'elle soit à voire gré, mon adorable!

M"" COCHOIS, à l'art. Que ces Russes sont aimables !

* Le Baron. Gozo, Babet, assi?, le Marnuis, debout, près de Baliol, M"»" Coclioi';, Salimbeni, Marionnette, assise, le Comte, à genoux sur le tabouret. . ■• Le Baron, Gogo, Babet, le Marquis, Mn>i' Cocliois, Salimbeni, INIarioiinelte, le Comte.

Salimbeni fait des fourbe se joue de

LA lAMlLLE COCHOIS.

MAïuONNETTi;, admirant l'dfjrafe, qu'elle place sur sa robe. Oh! qu'elle est belle!... Comte, vous êtes charmant!

GOGO, montrant Marionnette. Les larmes lui en viennent aux yeux, à cette pauvre Marionnette, tant elle est chagrine!... Vite un mouchoir!., {Elle tire de sa poche un mouchoir; un petit cahier tombe. Le ramassant.) Qu'est-ce que c'est que cela?

( Lisant. ) << A mademoiselle Gogo Cochois ; de la part de l'auteur. » [Parlant.) Ciel ! que vois-je? le rôle à effet dans le ballet qu'on va monter!... La Jolybois va-t-elle enrager!...

Chantant :

Ah! Jolybois, Jolybois 1 Je l'emporte cette fois.

.loie de ^/me Cochois et complimens de chacxm.

LE BARON. Le fait est. qu'elle va me haïr, me maudire, la petite Jolybois.

GOfiO. Et moi, je vous adore et vous bénis, mon divin directeur ! [Sautant et dansant.)

Ah i Jolybois, Jolybois!...

M""" COCHOIS, au comble du bonheur.

Viens , ma Gogo; viens embrasser ta mère *. Eh bien, monsieur le baron, vous avez bien, très-bien fait en donnant le rôle à la petite ; car, entre nous, voyez-vous? ce n'est pas . parce qu'elle est ma fille, mais Gogo a toujours été ma danseuse, à moi !

SALiMiîENi. désignant le Baron. Ma per diou ! vi voyez bien qu'elle est la sienne aussi !

M'"" COCHOIS, avec exaltation. A la j-épétition !

TOUS. A la répétition!... à la répétition!

■ Babet, le Marquis, le Baron, Gogn, allant embrasser %

sa mère, Mnie Locliois, Salimbeni, Marionnette, le Comté.

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