‹ [Magasin théâtralChapitre 1301 sur 1545 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

Les mêmes, COSQUER; il entre en courant et tout égaré d'effroi,

COSQUER. Ils ne m'ont point vu...

ETIENNE. Cosquer! Qu'y a-l-il?...

COSQUER. Il y a que nous sommes trahis , messire !

ETIENNE, Comment?

COSQUER. La sentinelle qui devait nous livrer la poterne est arrêtée.

ETIENNE. Ainsi nos gens n'ont pu entrer ?

COSQUER. Ils sont repartis. .. nous laissant seuls au dedans.

MARIE, avec joie. Ah! merci ! mon Dieu!...

ETIENNE, avec rage. Encore un espoir trompé !

COSQUER. Maître Landais va tout découvrir !

ALBERT. Mais ne pouvez-vous fuir ?

COSQUER. Le moyen?

ALBERT. Je puis vous le fournir.

COSQUER. Vous?

ALBERT. Prenez ce sauf -conduit... En le montrant, toutes les portes s'ouvriront.

COSQUER. Se peut-il... Ah! vite... messire Etienne. . .

ETIENNE. Je devrais refuser peut-être un tel service venant d'une telle main; mais plus que jamais il faut que je vive , puisque je reste seul pour venger les morts.

MARIE. Hâtez-vous!

ETIENNE. Adieu. Avant de partir seulement je te dois un présent de noce... {Ti^ tant de son sein une écharpe.) Cette écharpe que je gardais sur ma poitrine. .. prends-la.. . et n'oublie pas de t'en parer quand tu conduiras la fille de Landais à l'autel.

ALBERT. Cette écharpe... elle est tachée de sang.

ETIENNE. C'est celui de ton père. . .

Il sort avec Cosquer.

Page 1