‹ [Magasin théâtralChapitre 1317 sur 1545 · PALM EU · texte numérisé non relu

PALM EU

V.l que n'avais-je pas (juitlé, juste ciel! en me rendant aux Grandes-Indes Quels amis! et permettez-moi de le dire, quelles amies ! Le capitaine Ânderson.la plus courtoise lame du royaume; il tuait tout le monde. Qu'est-il devenu, ce cher Anderson? il me blessa seulement au poumon droit; j'étais son meilleur ami. Spadassin, soit! mais quel beau dépensier! il tuait l'or comme les hommes. Ll le brillant Wasa , qui malgré la guerre avec la Uussie, guerre acharnée, il vous souvient, traversa la Baltique par une nuil d'orage, esquiva les flotles du czar, et s'em[iara, sous le feu des sentinelles, de cinq cents bouteilles de

* CLri^iiaii, t'ulnier.

bordeaux qu'un Russe de ses amis avait déposées sur la grève! bues en un mois les cinq cents bouteilles! Bon jeune homme, excellent Wasa, mort à vingt ans d'une hydropisie de poitrine. Où diable avait-il pris tant d'eau? Monsieur, êtes vous gentilhomme?

CHRISTIAN, à part.

Décidément, il est fou.

Ici les soldats arrivent avec Wilhem. Christian d'un . gne les retient à la porte de l'appartement. PALMER.

Et Daniel de Rozan, qui ch-antait si bien! Et Walberg, qui avait, Dieu me pardonne! c'est à n'y pas croire, quatre maltresses, toutes les quatre blondes et se nommant toutes les quatre Pénélope ! Après le souper, ni lui ni les autres, je vous lavoue, n'y reconnaissaient plus rien.-^ Monsieur, soupe-l-on encore à Stokholm?

CHRISTIAN

Si ce n'est pas de la folie, qu'est-ce donc?

PALMKR.

Et la charmante Cornélia, qui pleurait toujours au dessert! elle avait le Champagne lugubre; et Juliette, un serpent, sur mon honneur! quelles jolies paroles fines et piquantes elle nous sifflait aux oreilles entre minuit et cinq heures du matinl Elle ne croyait pas à l'aurore ; elle ne vou lait jamais nous laisser partir. — Non ! non! mes Roméo, ce n'est pas le jour qui brille à l'Orient, nous disait-elle avec le grand poète, non! ce n'est pas l'aurore, c'est la clarté du punch! — Mais je vous dis que je veux parler à la reine.

11 se lève avec violence.

CHRISTIAN, ^'adressant au Capitaine des gardes, qui croit qu'il est temps de s'emparer de Palmer.

Capitaine , j'ai supporté jusqu'à ce moment l'indécent bavardage de cet homme; avant de vous le livrer, connaissons quelles étaient ses intentions en s'introduisant dans ce palais. Ecrivez, baron Wilhem*.

WILHEM

Volontiers. {A part.) Pebt-êlre saurai-jc quelque chose.

CHRISTIAN, à un soldat, en lui montrant le coussin où Palmer a mis ses pieds.

Jetez ceci par la fenêtre. ( .i Palmer.) Votre nom ?

VM.MKK reprend son chapeau et sr couvre.

Le major Palmer.

CHRISTIAN

Votre âge?

PALMER

Il me semblait vous l'avoir appris. Trenle-huit ans, monsieur; ajoutez un cjuart d heure ; il y a juste un quart d'heure que je vous patlc.

CHRISTIAN

Anrai-je d'autres détails sur votre exislcncc, monsieur?

PALMER

Je vous en ai dit la plus belle moitié. • Wilhen», l'alnicr, Cliristian.

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