‹ [Magasin théâtralChapitre 1373 sur 1545 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

RODOLPHINE, HERMANN.

BODOLPHINE.

Ah ! venez. Croiri«z-vous qu'on a osé à notre porte dételer les chevaux d'une voiture?

HERMANN

On a bien fait. La mesure est prise dans mes int(Tè(s même. On ne laisse sortir personne de Stockholm, nfin que celui qui m'a outragé soit infailliblement pris s'il tente de s'échapper. Jusqu'ici on n'a pu l'atteindre, mais on le découvrira. Le cnmie Norber? en est sûr, et moi je demande que le coupable soit arrêté et qu'on le juge.

KOnoi.PIllNE.

Ne f.iiies ()as un ttl souhait. Ne songez pas à une veng-ance dont Dieu s'est déjà chargé peutêtre en frappant sur le cœur d'une pauvre mère dans les transes et d»ns les larmes.

HERMANN

Tu pleures aussi, tu trembles, ma Rodolphine ; mais ne faut-il pas un exemple nécessaire à ma sûreté personnelle?

RODOLPHINE.

Vous étiez bon autrefois, prince Hermann, vous reniiez la justice en marchante travers vos blés, et jamais aucune mère ne vous a maudit à son coucher. Vous étiez bon, vous dis-je, et vous ne l'êtes plus.

HERMANN

Quel langage!

RODOLPHINE.

Non, vous ne l'êtes plus ; prouvez le contraire en faisant le contraire.

HERMANN

Songe, ma Rodolphine, qu'il n'est plus en mon pouvoir d'arrêter des poursuites dont j'ai pressé moi-même l'exécution. J'ai voulu, j'ai signé, je me suis engagé par la parole, par la main, devant toute la cour.

RODOLPHINE.

Vous ne pouvez donc que le mal?

HERMANN

Mais lu es cruelle ! Si tu te prends d'une pitié si exagérée pour un étranger, que ferais-tu pour ton fils?

RODOLPHINE.

Ce qu'en ce moment je fais pour le vôtre.

HERMANN

Que dis-tu?

RODOLPHINE.

Le coupable, c'est votre fils : c'est le mien.

HF.KMANN.

Mon fils! est-ce bien vrai? Ohl non, tu ne mens pn* ; tu es trop pâle. Et c'est mon fils qui m'a outragé! Quel crime !

RODOLPHINE.

C'est le vôtre! Méconnaître TOtre fils, l'éviter, le crairrltsl U ne savait pas, lui, obscur enfant,

ce qu'était son père, et vous avez oublié, vous, qu'il était votre fils, le mien. Je ne vous ai rien dit. Vous m'avez prise, puis vous m'avez laissée au bas des degrés pour une autre, moi votre femme. J'ai tout subi. Et pourquoi? parce que j'espérais que vous rendriez peu à peu à votre fils tout ce que vous m'enleviez en un jour. C'était un contrat d'affection passé entre votre élévation nouvelle et ma résignation. Y avez-vous été fidèle? non. Et pourtant je me suis faite, hors de ma patrie, votre domestique, votre esclave, afin de ramasser pour mon fils les miettes tombées de votre grandeur. J'ai pu me taire; mais Dieu, qui ne sépare jamais les enfants des pères, a mis un jour voire enfant sur votre passage, et Dieu vous a humilié par votre fils. Punissez-le, punissez-le, pour que votre propre châtiment soit complet. La justice vous attend l'un et l'autre: lui, celle des hommes; vous, celle de Dieu.

HERMANN

Oh I ne m'accable pas !

RODOLPHINE.

N'avez-vous pas signé l'acte d'accusation?

HERMANN

Mais je n'ai rien voulu, je n'ai rien signé, j'annule tout.

RODOLPHINE. ^

Ah ! je vous aime, mon Hermann ; vous êtes • plus grand qu'un roi en parlant ainsi, vous êtes père. Tiens, je suis encore ta femme.

Elle se jette à son cou.

HERMANN

Mais OÙ est-il ?

RODOLPHINE.

Là. «^

HERMANN. W

Viens, viens.

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