‹ [Magasin théâtralChapitre 1374 sur 1545 · SCÈNE VIÏI · texte numérisé non relu

SCÈNE VIÏI

Les mêmes, WILFRID, entrant.

WILFRID

J'ai tout entendu, mon père.

HERMANN

Mon fila !

RODOLPHINE.

Oui, cachons-le étroitement entre nous deux, Hermann; car la justice rôde autour de chaque maison.

HERMANN

Qu'on vienne le chercher maintenant.

RODOLPHINE.

Mieux vaut encore que notre fils parte, qu'il sorte de Stockholm sur-le-champ, dans votre voiture, comme vous l'avez dit.

Sitôt 1 Je n'aurai pas eu seulement le tempi de le voir.

LA MAIN DROITE ET LA MAIN GAUCHE

WIIFRID.

Merci, mon père, pourtant d'affection qui vous est mille fois rendue. Je suis encore digne de vous, car ce n'est point la reine qui a allumé en moi une passion qui eût été criminelle. Mais ma mère a raison; mon départ importe avant tout à votre dignité. Quel scandale! si par mon arrestation on venait à découvrir la vérité au fond de ce mystère de famille! J'y laisserais la liberté peut-être ; vous, à coup sûr, l'honneur.

HERMANN

Ne retrouver un si noble enfant que pour s'en séparer! Fais ce que tu voudras de mon aveu; oui, je m'en accuse, j'ai manqué de tendresse envers toi. Ne jamais consentir à te voir! tefaire élever loin de moi! Mauvaise honte, petitesse de prince. Oh! pardonne-moi, pardonnez-moi aussi tous deux. Oh! tous deux sur mon cœur; plus près et l'enfant et la mère, afin qu'on ne voie plus le roi.

, CLAUS, accourant.

Prince, une lettre du comte Norberg!

RODOLPHINE.

Oh! Usez, lisez... je tremble malgré moi. {Prenant la lettre.) Non, donnez, je vais lire. [Elle lit.) Que vois-jel le major Palmer s'avoue coupable !

WILFRID

Qu'entends-je?

HERHANN.

Que dis-tu 7

RODOLPHINE, lisant.

« Deux hommes se sont avancés au pied du » tribunal ; l'un d'eux a dit : Je suis le crieur pu- » blic; cet homme vient de se livrer à moi: l'auj> tre a ajouté d'une voix ferme : Celui qui a » insulté le prince, c'est moi, le major Palmer. »

WILFRID

Mais, c'est impossible.

HERMANN

Qu'est-ce donc que le major Palmer?

RODOLPHINE, Usant,

« N'ayant pas le droit d'appeler la reine à la » barre, les juges ont prié la comtesse de Leuven- » bourg de venir témoigner. Sa déposition a lieu » en ce moment. »

HERHANN.

Ciel!

RODOLPHINE, Usont.

« J'ai cru devoir, prince, vous instruire de cet événement, que je ne puis m'expliquer. »

HERMANN

Et la comtesse sait que c'est Wilfrid... Grand Dieu ! que va-l-il arriver de tout ceci?

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