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SCÈNE PREMIERE

PIERRE LANDAIS, assis devant une table couverte de papiers, JEAN DE FONTENAILLE et JEAN DE VITRÉ, debout dans le fond.

Bien! Voici qui condamne et sans miséricorde.

Au palais ducal.

Toute sorcière au feu, tout voleur à la corde! Jamais notre pouvoir ne s'est si bien montré. Faisant signe à ses gens qui s'approchent. Çà, JeandeFontenaille,etYous, Jean de Vitré, Portez au chancelier cette lettre, et lui dites

Qu'il ait à bien punir ces engeances maudites, rar qui sont nos faubourgs jour et nuit désolés... Qu'il scelle du grand sceau cette ordonnance. Allez. Jcau de Fontenaille et Jean de Vitré sortent en emportant

l'édit.

Des hommes sûrs, ceux-là! des serviteurs fidèles, Sur qui je puis compter!... Partis à tire-d'ailes, Comme deux éperviers dressés à de tels jeux, Ils planeront long-temps sous un ciel orageux! Puis, quand l'œil tout sanglant et le cœur gros de

[joie, Ils auront vu d'en-haut se montrer quelque proie, Ils descendront, au nom de Pierre justicier. Pour la marquer au front de leur ongle d'acier! Bonne chasse! et portez les mille voix tonnantes De notre volonté sur tous les murs de Nantes, Et voyons si demain, assiégeant mon lever. Cette sombre furie ose encor me braver ! Oh ! cette femme ! objet de colère et de doute ; Spectre toujours debout au milieu de ma route ! Fantôme à qui long-temps j'essayai d'échapper. Et que mon bras enfin se décide à frapper... Pâle apparition que, d'année en année, Comme un remords vivant après moi j'ai traînée! Et dont l'aspect jaloux m'obsédant chaque jour. Redouble encor ma haine en me parlant d'amour ! Si jusqu'ici Landais, d'une âme résignée. Aux geôliers attentifs ne t'a pas désignée, C'est que parmi ce peuple autour de toi grondant. Je nepouvais t'atteindre! et qu'ennemi prudent. Je devais pour frapper le coup qui me délivre. Emprunter à la loi son glaive avec son livre. Attendre que le duc prît sa part du danger, Et qu'il fallût punir afin de me venger! Enfin tout me seconde, et déjà l'heure vibre, Heure au timbre joyeux, qui doit me faire libre ; L'ennemi disparaît sous le juge chrétien : Le châtiment de tous me répondra du lien !

Tressaillant.

Qui s'approche ?

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