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SCENE IX

Les Mêmes, excepté LTONEL.

MAURICE-, lisant sa carte. Lionel, rue de Grammont, '25. [Souriant.) C'est un peu loin de la place Saint- Michel; mais le plaisir que nous aurons à lui porter une réponse favorable nous abrégera la distance.

ÉLISA. Une réponse favorable !

MAURICE. Hein ! qu'en dites-vous, mes enfants... (^est un original, n'est-ce pas? mais après tout, un excellent jeune homme, et vous le pensez comme moi.

ÉLISA. Mon père !

RENÉ. Monsieur!

MAURICE. Eh bien, parlez donc, toi, René, mon ami, mon fils, car il t'a donné ce nom, et je te le donne aussi, moi, tu le mérites. .. Voyons, réponds, comme si tu étais en effet. . son frère.

RÉXÉ, ari'c ('ll'orf. Son frère!... eh bien, monsieur Maurice... eh bien . que ma sœur piouoiU"e, et moi, quand je vais m'éloiguer

.MA(.ASIiN THKaTRAL.

d'elle, je sonlîi irai inoins, en songeant que par ce brillant mariage vous avez assuré son bonheur.

ÈLISA. Mon bonheur!

nÉNÈ, hos à Elixd. Vous voyez, niademoisclle, si j'ai eu tort d»- maudire le bal de monsieur l)e>varennes.

MAUiiici:, à jiurt. Pauvres enfants.... ah! vous a\ez nuuKiué de franchise avec moi!. .. [H (tu l.) Toi, mon Klisa, qu'en dis-tu?

ÉLiSA. Moi, mon père? {Montrant René.) Avant peu, il partira, lui, pour ne plus me levoir peut-être, et je lui dois au moins en présence de mon père un aveu...

MALUICE. Lu aveu...

ÉLiSA. Que j'ai dii renfermer là jusqu'à cejdur...

MAiRici:. Eh bien?

Ér.iSA. Il partira, et je l'aime!

uÈ.NÉ. Ou'eniends-je?

MAURICE, â part. Allons donc, nous y voilà !

ÉLISA. Je l-'aime, et si notre pauvreté, si le malheur qui pèse sur nous tous m'interdit d'être sa femme, du moins, aucune raison de fortune ne me fera manquer aux serments que je lui faisais au fond du cœur, et je suis trop sûre de votre tendresse pour croire que vous me forcerez jamais à être la femme d'un autre.

RENÉ. Ah ! je suis trop heureux encore... je suis aimé.

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