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DESVARENNES, MATIIFAS, PEUPLE, LIONEL

DESVARENNES, achevant fout haut et avec rage de relire l'affiche. « Un portefeuille en maroquin vert, marqué aux initiales G. J). , et contenant en billets de banque une somme de A00,000 francs. »

LIONEL, reparaissant à droite au troisième plan. Qu'ai-je entendu !

DESVARENNES. Mcs amis, mes bons amis, cette sonune. .. c'est à moi, c'est uîon bien, et si quelqu'un de vous.. . silehiisard. . . Oh ! vous me la rendriez, n'est-ce pas?.., vous êtes tous de braves gens , et l'honneur, la probité, vous font un devoir...

LIONEL, s approchant et éclatant de rire. Ha! ha! ha! l'honneur, la probité, ces mots-là dans la bouche de Gaspard Desvar en nés!

DESVARENNES. Lionel !

LIONEL. Ah ! le voilà donc exaucé dès ce soir, ce vœu que je regardais tout à l'heure comme impossible à réaliser!... Lui qui manque de cœur, lui qui n'a d'autre passion que celle de l'or, il est donc frappé dans le seul objet de son amour, de son idolâtrie.. . il est réduit enfin à déplorer une perte d'argent , lui qui en a fait perdre à tant d'autres !

DESVARENNES. Tais-toi ! tais-tol !

LIONEL. Non, mes amis, non... ne vous laissez pas prendre à ses prières. . .

DESVARENNES. Comment!... vous osez?...

LIONEL. Cet homme, c'est l'usurier Desvarennes , Desvarennes le fripon et l'agioteur ; sa fortune, elle a été acquise par la ruine de vingt familles. . . Pas de moyen qui lui repu- ''

gne pour ajouter à sa richesse ; il spécule sur tout... et il exploite à son bénéfice toutes les infortunes, uîême celles du pays. .. Enfin, quand cet or qu'il a perdu devrait tomber dans les mains les plus déloyales et les plus impures , il serait toujours mieux placé que dans les siennes. .. Ne le plaignez pas. .. ne le i)laignez pas. . . et riez comme moi de son désespoir !

DESVARENNES. Misérable !

11 veut s'élancer sur lui, on les sépare.

LIONEL, reprenant son éclat de rire. Ha! ha! ha! je suis plus heureux aujourd'hui que je n'avais cru... une dernière fois je vais tenter la chance; et puisqu'il perd, lui à qui ça n'était jamais arrivé... il est possible que je gagne, moi qui perds toujours. (5e retournant vers le peuple.) Ne le plaignez pas, ne le plaignez pas.

Il sort à gauche, se dirigeant vers la rue Dauphine.

DESVARENNES, se retourne vers les assistants dans tine agitation qui lient dudélire; il leur dit : H a menti! il a calomnié! et vous ne le croirez pas ; il aura beau faire , il ne vous empêchera pas d'être honnêtes gens ! Venez , venez tous avec moi , ne me quittez pas, suivez-moi, aidez-moi dans mes recherches... {Tout le monde lui tourne le dos.) Ah ! ils refusent ! Toi , du moins , mon bon Malhias, mon cher associé, mon ami, toi qui étais de moitié dans cette au'aire...

MATHIAS, se reculant vivement. Nix ! nix ! j'êlre pour rien di tout... vous n'afre pas voulu même pour un sixième...

DESVARENNES. Ah! tout le monde m'abandonne ! tout le monde, au fond de l'àme, se rêve déjà possesseur de mon bien... mais il y a une justice, et c'est moi... oui, moi seul qui dois retrouver ces billets... Malheur! malheur à celui d'entre vous qui mettrait la main sur mon porLefeuilIe, et ne me le rendrait p;isî.. . De quel côté irai-je? par ici... non, par là... ou plutôt... Ah! j'en deviendrai fou ! j'en deviendrai fou !...

il sort à gauche. La nuit commence à venir.

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