‹ [Magasin théâtralChapitre 19 sur 1545 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

CONTARINI, FRANCESCO, puis GASPARDO.

FRANCESCO, à part. Pourquoi tant de détours...

CONTARINI, après avoir fermé les portes. Tu ne savais pas que le mari veillait, Francesco.. tu ne savais pas que mes soupçons avaient mis cette nuit des espions sur tes pas; et tandis que tu me croyais encore étuordi par le plaisir, tu venais lâchement touchera mon honneur... imprudent!

FHANCESCO. Comte, j'aimais Blanche de Visconti quand un sacrement la fit ta femme. J'aurais dû respecter les lois de l'église et des hommes., je n'en ai pas eu la force. Tu veux une réparation ? Tu le vois, je suis sans arme... mais l'épée d'un des gardes de nuit remplacera celle du commandant... Viens... et si le ciel est pour toi... mon sang lavera l'injure.

CONTARINI. Tu ne sortiras plus d'ici , Francesco...

FRANCESCO. Et que veux-lu donc 't

CONTARIMI. Te punir.

FRANCESCO. Mais en homme d'honneur?

CONTARINI. En homme qui v ient se Tanger.

FRANCESCO. Donne-moi donc une épée.

CONTARINI. J'aurai plus tôt fait de te frapper sans prendre d'abord la peine de te désarmer.

FRANCESCO. Tu veux donc m'assassiner?

CONTARINI. Je veux que tu meures.

FRANCESCO , regardant autour de lui. Et ces portes sont fermées !

CONTARINI. Tu voudrais fuir... n'est-ce pas ?

FRANCESCO. Non pas fuir. .. mais aller voler ou mendier une épée, et revenir, tête et poitrine découvertes, me battre à mort contre toi bardé de fer... voilà ce que je voudrais...

CONTARINI. Tune sortiras pas...

FRANCESCO. Oh !... ce n'est pas l'époux Hui vient se venger ici... c'est le procurateur qui vient assassiner le commandant, qu'il n'osait provoquer en face.. Ce n'est pas de l'amour de ta femme que tu es jaloux.

Contarini, c'est de celui du peuple... et tu n'as pas d'aujourd'hui résolu ma mort , mais du jour où tu m'as vu passer triomphant sous les fenêtres de ton palais, n'est-ce pas?.. Tu parles de ton honneur. . . mais ce n'est pas ton honneur offensé qui t'a mis ton épée au poing... à loi qui vois chanceler le trône où tu espère» monter... c'est ta frayeur de lâche... ef c'est elle aussi qui t'a couvert de cette cuirasse... car lu crains encore que la victime, en se débattant, ne t'arrache la poitrine de ses ongles...

CONTARINI. Tu m'outrages encore ?

FRANCESCO. Je veux jusqu'au dernier soupir te jeter l'insulte.

CONTARINI. Si près de la mort songe plutôt à ton ame ; car tu es tombé dans le piège, et le piège est mortel. ( Tirant son rpée.) A genoux, si tu veux mourir en chrétien...

FRANCESCO. J'aurais l'air de te supplier. . . {Courant aufond de la scène) et pas d'issue... mon Dieu !... pas d'issue...

CONTARINI , s'clançant sur lui l'épée Itvèe. Vain espoir, Francesco!...

GASPARDO , entrant rapidement par la pc tite porte qui conduit à la chapelle.) et précipitant le commandant hors de la chambie. Par ici !. . commandant... allez ! !...

(Il referme brusc{ueme;it la porte, laisse tomber son manteau, tire son t-pce, et marche sur Contarini, qui recule interdit.)

CONTARINI, le reconnaissant. Gaspardo GASPARDO. Gaspardo, qui vient de sauver le commandant Francesco...

CONTARINI. Misérable I... va, les lois le flétriront demain... et loi...

Les lois ne le flétri>f^nt

GASPARDO

pas.

CONTARINI

GASPARDO

CONTARINI

GASPARDO

qu'un valet.

CONTARINI

GASPARDO

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