CO
CONTARINI
GASPARDO
Qui l'empêchera?
Moi.
Toi , misérable valet !
Je suis autre chose encore
Quoi donc?
Je suis le père de Frances-
Toi ! son père?
Moi , père du commandant que Milan croit le fils du connétable.
CONTARINI. Francesco !... fils d'un manant... Je ne le tuerai pas... mais je lui arracherai le commandement... je le fe rai descendre à ton niveau...
GASPARDO. Et savez-vous, maintenant pourquoi je vous ai confié ce secret?
CONTARINI. Pourquoi ?
GASPARDO. Parce que je sais que vous avez juré la perte de mon enfant... parce
que je sais qu'il ne vivra que si vous mourez , et que j'ai voulu, en m'enferniant arec vous ici, commencer par prononcer un mot qui m'obligeât à ne plus vous
en laisser sortir vivant Et maintenant,
défendez-vous...
CO\TAniM. Contre toi!...
GASPARDO. Contre le père qui vient arrêter le bras qui se lève pour poignarder son fils... Défends-toi !.. .
CONTARiM. Pour répondre au valet qui le provoque... {il court ouvrir une fenêtre) un noble appelle ses gardes.
GASPARDO, se jetant sur lui. Tu n'appelleras pas!...
CONTARINI, cherchant à se défendre. Arrèire !...
GASPARDO, le renversant d'un coup d'épée. Avec mon secret... la mort !... [Levant les mains au ciel. ) Seigneur, il fallait qu'il mourût pour que mon enfant puisse vivre. Quand je t'amenai dans la pirogue, Contarini ! tu as dit à Riccardo : Quand j'ouvrirai la fenêtre qui donne sur le lac, vous accourrez pour attester devant les gardes que j'aurai tué le commandant pour venger mon honneur... Tu ne savais pas qu'en appelant tes espions tu préparais ma fuite. . . Contarini ! merci !...
Il monte sur la fenêtre, met son e'pee clans ses dents, et se jette à feau.)
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