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SCÈNE VllI

Les MÊMES, LIONEL et ROSSIGNOL,

à (jauchc.

LIONEL. Ainsi, c'est convenu, vous êtes libre, et nous allons partir.

ROSSIGNOL. ,Ie le veux bien !

LIONEL. Et i)uisque vous ne vous souciez plus de rentrer dans le commerce , je vous prends à mon service.

ROSSIGNOL. Je le veux bien !

LIONEL, llabilloz-vous,

ROSSIGNOL. Je le veux bien! Asseyez-vous, monsieur, je vous prie, et je reviens à l'instant. {A lui-même.) \\\onH, encore une aventure fantastique... C'est fini, je passe lionne le homme...

Il disparaît derrière les rideaux de son olcôvo. Lionel parait rC-vcr profondément.

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SCENIi IX.

Les Mêmes, excepté ROSSIGNOL.

LIONEL, à lui-même. Qu'éprouvé -je donc? c'est un chagrin profond et invincible ; je ne sais quel sentiment étrange de terreur que je ne puis m'expliquer à moi-même, l't qui me ramène malgré moi vers une seule jiensée... Cette jeune fille... ah! si elle eût accepté ma main , quelle autre destinée eût été la mienne ! Heureux de partager avec elle ce qui me restait de ma fortune , je n'aurais pas été l'exposer aux chances du jeu, et le hasard, après m'avoir ruiné, n'aurait pas jeté dans mes mains celte autre richesse , dont parfois la possession me trouble et m'épouvante. Oui , malgré tout le bien que je fais , que je veux faire... je ne puis... non, je ne puis être heureux!

Ici, dans l'autre cliambre, Maurice a terminé sa lettre, il s'approche des deux jeunes gens pour la leur lire.

aiAURiCE. Tenez, tenez, mes enfants, écoutez-moi|; voilà ce que j'écris à M. LiO' nel. {Au moment de lire il les regarde et ^'arrête.) Mais, grand Dieu!., ces larmes... cette pâleur... Ah! ce serait le malheur de toute votre vie... je ne le veux pas, non, je ne le veux pas !

Il va déchirer la lettre.

PiÉNÉ , retenant sa main. Mon père , je vous l'ai dit : il le faut... le temps fuit, et dans l'instant je vais entendre le signal.

TOUS DEUX. Le signal !

On entend en dehors la voix de Michel : Mon père! mon père !

MAURICE. Ah ! c'est lui !

ÉLISA et RENÉ. C'est Michel !

Entre Michel, en soldat comme René, et tenant un papier à la main.

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