SCÈNE III
LIONEL, ROSSIGNOL
ROSSIGNOL, Serviteur, monsieur Lionel.
LIONEL. Ail ! c'< st Un ? I
ROSSIGNOL. Moi-iuôinc. Depuis trois jours J vous m'avez retiré votre confiance pour la . rendre à monsieur Jean... mais ce n'est pas une raison pour (pie je sois insensible à tous les ])()nlieurs qui vous arrivent.
L[Om;l. Comment?
Rossu.xor.. D'abord, c'est aujourd'hui, ce matin mc-me ([ue le dix-septième léger doit rentrer à Paris... avant une heure il passera ]5-bas, au coin du boulevard.
LIONEL. Je le sais... eh bien?
ROSSIGNOL. Eh bien, en remettant au colonel cette aumônière, qui m'a causé l'autre jour une si violente tentation, vous trouverez une occasion superbe de faire, comme toujours, de la philanthropie et de l'humanité ; vous serez accablé par tous ces braves soldats de bénédictions et d'éloges... C'est de cela que je venaisvous faire compliment en même temps que de votre prochain mariage.
LIONEL. Mon mariage !
ROSSiGxNOL. Sans doute; ce n'est plus un mystère pour personne; tout le monde en parle. (.1 part.) Et moi-même j'en ai fait part à queUju'un à qui je me suis permis d'envoyer une lettre d'invitation sans l'en prévenir. {Haut.) J'espère, monsieur, qu'aujourd'hui même, avant le mariage, nousnous serons entendus ensemble.
LIONEL. Ensemble !
ROSSIGNOL. C'est tout simple... j'ai été bon enfant avec vous comme je vous l'avais promis... j'ai attendu trois jours entiers; c'est assez, c'est trop, et je ne veux plus attendre; il me faut aujourd'hui, aujourd'hui même,
mes cent quatre-vingt-seize mille francs
ètes-vousprèt à me les donner?
LIONEL. Non !
nossiGNOL. El quand donc consentirezvous enfin à me faire cette restitution? LIONEL. Jamais!
ROSSIGNOL. Jamais! songez-y bien, je suis résolu à vous perdre.
LIONEL. Comme tu voudras.
ROSSIGNOL. A vous (lénonccr.
LIONEL. A ton ai!«e.
ROSSIGNOL. Et tout il l'heure, au moment
même de la signature
LIONEL. Assez; j'ai d'autres soins en tète ([ue celui de te répondre et de discuter avec loi.
II \p rfgarile encore aven assurance et va rejoimlre les invités i|ni comincncetil à garnir les jardins au funiidii tlicàtre.
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SCluNE IV.
IlOSSIGNOL, puis D'AllCY, LE NOTAIRE ET LES Invités.
BOSSir.NOL. Meinî est-ce que décidément
il voudrait me voler ma port ?... cet air d'assurance !.. pardieu, depuis longtemps il aura pris ses mesnres: le portefeuille est anéanti; l)ar conséquent, jilus de preuve! et... c'est égal... je veux en dire deux mots à tous ceux qu'il a invités à la signature... et d'abord... [d'Arcii entre dans le salon, suiri de (juclqucs antres personnes) d'abord à son meilleur ami, le procureur du roi.
Il s'approche de d'.Vrcy avec de grandes salutations.
d'arcy. Que me voulez- vous?
ROSSIGNOL. Pardon si je vous dérange, monsieur, mais j'ai à vous dire...
d'arcy. Quoi donc?
ROSSIGNOL. \ vous confier...
d'arcy. Après?
ROSSIGNOL, à part. C'est drôle, ça me fait toujours un singulier effet de me trouver auprès...
d'arcy. Enfin, parlerez-vous ?
ROSSIGNOL. M'y voilà ; je voudrais...
d'arcy. Vous voudriez... {bas) monsieur Rossignol...
ROSSIGNOL, (l pa/'f. Hein ? Rossignol ! il sait mon nom...
d'arcy. J'attends toujours... vous diteé...
ROSSIGNOL. Rien!... rien!... {Faisant dé nouvelles salutations.) Veuillez donc prendre la peine de vous asseoir, je vous en prie, monsieur le procureur du roi.
d'arcy. C'est bien, laissez-nous.
ROSSIGNOL, saluant encore. J'obéis! (^1 part.) Je ne demande pas mieux que de m'en aller... mais c'est égal, je reviendrai.
Il sort au fond. Pendant ces derniers mots, Lionel a été sur le seuil de la porte à droite offrir la main à Élisa qui entre ; le notaire est entré à gauche, et s'est assis devant un guéridon.
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