SCENE VI
Les MÊMES, MONTORGUEIL, DIGONARD.
MONTORGUEIL . Deux mots, s'il vous plaît, mes amis!
CHALUMEAU, effrayé. Hein ?. .. de quoi?. .. qui vive ?
DIGONARD. Ne craignez rien ; nous ne vc nous pas troubler vos ébats nocturnes : mon sieur et moi , nous sommes à la recherche de quelqu'un...
CHALUMEAU. Quelqu'un ?.. . connais pas... nous n'avons personne de ce nom-là.
MONTORGUEIL. Dites-moi, mes bons amis, n'avez -vous pas remarqué ici depuis quelques jours un jeune homme, pauvrement vêtu , mais d'une figure distinguée?
PLURE d'oignon. D'une figure distinguée?
C'est peut-être moi qu'y cherchent.
CHALUMEAU. Attendez donc , j'ai peutêtre ben votre affaire... Comment qu'y se nomme vot' jeune homme ?
DIGONARD. Il se nomme Paul Didier.
DIDIER. Paul Didier !
CHALUMEAU. Paul Didier !
PAUL , qui se tenait couché au bas de la pile dupant. Mon nom!... [Ser approchant.) Hein, que me veut-on? qui m'appelle?
MAGASIN THÉATRxVL.
DIGONARD. C'est lui !
MOMORGUEIL. C'est lui-même 1
DIDIER. Le voilà!,..
PAUL. Digonardl... Montorgueil !
CHALUMEAU, àpavt. Tiens , tiens, tiens... y se connaissent.
PAUL. Que me voulez-vous? quel motif vous amène ici ?
MONTORGUEIL. Tu vas le savoir; mais d'abord fais éloigner ces braves gens.
PAUL. Veuillez me laisser , mes amis.
CHALUMEAU. Ça Suffit... du moment que c'est un secret entre ces messieurs et vous... on s'en va... Allons tous coucher.
TOUS. Allons-nous coucher.
Ils entrent dans le bateau.
BAGNOLET, bas. Ici, nous pourrons tout entendre.
lU se placent tous deux à droite, Bagnolet derrière un tonneau, Didier dans l'ouverture du bateau à charbon, et écoutent.
DIDIER. Dans quel état, grand Dieu!... Oh! mon cœur se brise... et je voudrais...
BAGNOLET. Silence , et écoutons.
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