‹ [Magasin théâtralChapitre 266 sur 1545 · IV\L1>A · texte numérisé non relu

IV\L1>A

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QDltVÉDO, DON FERXAND. jkunks Sei- GNKUKS. Dames.

Ils arrivciii iov?us>'n^i-.it |i:ii- lavcnut; ilu rmul '■' lioilr.

QiiÉvÉDO, ccniiuiuiut iiiie conversation.

Vive Dieu ! pour ma part j'aime mieux cela, et je trouve charmanie la siirjirise que nous gardait ce cher duc d'Alcudia

DON FKUNANn.

Nous envoyer u:, a celte posada, où il doit venir nous rejoindre, ajsrès nous avoir d'abord invités à souper dans son palais...

QUÉVÉDO.

Vous ne devinez pas? {A demi-voix.) Le duc craint la duchesse... il est si ennuyeux pour un mari de recevoir ses amis, des deux sexes, sous les yeux de sa femme !

TOUS, gaiemeni.

Oui, oui, c'est cela

QUÉVÉDO.

Au lieu de nous plaindre, remercions plutôt notre Amphitryon !.. . Ici nous serons bien mieux que sous les riches lambris de son palais... ici le plaisir et îa gaieté respireront plus à l'aise... ici nous pourrons chanter, rire, boire le vieux Xérès, t't parler d'amour en toute liberté I... Là-bas l'on étouffe, ici l'air est pur. Oublions la ville, mes amis I

DON PERNAXD.

Toujours poète, mon cher Quévédo!..

QL'ÉVKUO.

Toujours fou. mon cher don Fernand l...

DON FERNAND

A propos. Le duc a aussi invité Lope del Rida, notre ami commun.. . sera-t-il des nôtres?

OCÉVEDO

J'en doute.

nO« l'KUNAM».

El ()Ourquoi?

QUÉVÉDO.

Parce que, toujours atnoureux de sa femme, la belle Paula, cette riche et noble héritière qu'il a jadis si lestement soufflée a un de ses amis, un certain Gaétan Linarés, plus que jamais il s'en montre jaloux... il ne voudra pas la quitter.

DON FERNAND

Jaloux!... allons donc! nos joyeuses réunions n'ont pas de plus (idèle soutien, il est l'àme de nos fêles, de nos plaisirs... jaloux! cela ne peut être: il est trop gai pour cela.

QUÉVÉDO.

Gai, heureux, qui ne le serait à sa place? tout lui sourit ; un peu parent du premier ministre, chaque jour voit croître sa faveur... époux fortuné, il possède pour femme un ange, car Paula n'est pas seulement belle, toutes les qualités de l'esprit, toutes les vertus du cœur... et c'est celte douce influence qui adoucit le caractère si emporté, si violent de noire ami... ajoutez a tant de

Ixiiiheur, que le ciel lui a donné une lille, une cli.irmante enfant qu'il adore... et dont nous serions tous heureux démériter l'amour... Ah! si celui-là ne rendait pas grâce à sa destinée, il serait bien ingrat.

DON FERNAND

Espérons que son inséparable, cet original di' Montalvan nous l'amènera.

QUÉVÉDO.

Ce cher docteur! il ne quille pas son ami LopH plus que son ombre.

DON FERNAND

Leur amitié date, dit-on, de l'école de Sa 'a manque : aussi ne sauraient-ils se passer I n de l'autre, bien que d'un caractère complci ment op)iosé. et que, diiïérant d'opinions s \ tout, ils se querellent sans cesse... Eh mai' n'est-ce pas la voix de Monialvan?

QUÉVÉDO.

Lope est avec lui !

DON FERNAND

Tenez, que vous disais-jeî... ils se disputent.

QUÉVÉDO.

Qui ne les saurait, en effet, aussi étroitement unis, les croirait prêts à se sauter à la gorge.

DON FERNAND

. Les voici, nous allons savoir. .-

Les Mêmes, LOPE DEL RIDA, MONTALVAN.

MONTALVAN, (i Lope, en entrant , et d un ton animf. Je soutiens que mon cousin don Alvar devait cette réparation a son honneur outragé.

LOPE

Je soutiens, moi, que ton cousin don Alvar, s'est conduit comme un sot, et que tu raisonnes comme il s'est conduit.

MONTALVAN

Je le remercie.

DON FERNAND

Eh bien! eh bien! qu'y a-t-il donc?

LOPK.

Ah'... seîior don Fernand, votre serviteur... Bonjour, Quévédo. i // donne La maina lotis deux, Monitili'ini L'imite.) Seîïoras ..

Jl s'incline.

MONTALVAN

Voyous, Lope, conviens que j ai raison, et que mou lousin Alvar a bien fait?

LOPE

Tu as tort, et ton cousin Alvar, je te le répète, s'est niaisement rendu ridicule.

MONTALVAN , dépité.

Encore!. . Après tout, moi qui n'aurai jamais a redouter un semblable désagrément... attendu quej'ai fait vœu de célibat... je suis bien bon de prendre autant a cœur l'honneur de ces messieurs... mais c'est égal, je ne te reconnais plus... loi si violent... si jaloux même... et d'ordinaire si peu lolrratil... toi mari... je voudrais t'y voir!

MA(-\SI,N rilliA'l'l'.Al..

LOPK, Il es.sailliiiit .

Le ciel me préserve d un iiari-il innlhciir!... tuais s'il m'éiail réservé, je me .souviendrais que je suis père.

DON KEHNANI)

Kxpiiq'uez-vous... de quoi s'agit-ii?

MONTALVAN

Je VOUS prends tous pour juges.

LOPB.

Soit.

MONTALVAN

Voilà ce que c'est : un mien parent, don Alvar .!il Montés, vient d'être trompe par sa femme...

nON FKI«NA>D.

Kl d'en acquérir la preuve, à ce qu'il parait.

MOrV rALVAN.

Ce matin même.

LOPK.

Qu'aurais- ui f.iit, Quévédo, à la place de ce l'.i uvre mari ■

QIIKVÉDO, /;«?.si((iH(.

Ce que j'aurais fait...

MONTALVAIV.

Une heure après, don Alvar chassait honteu- MMueiit la coupable de sa maison... et je dis que I- est justice.

LOPK, xe moiptnni.

Une heure après aus>i, valets et voisins étaient' dans laioiilidenie de son accident, et demain tout ,>Iadrid s'pjfaycra a ses dépens

MONTALVAN

Alors, selon toi, il aurait dû se taire et, pardonner 1

LOPK, rivemeul ci cUaiuftinii de ton

l'ardonner !. . oh ! jamais!... se taire, oui

MOISTALVAN.

Se l'aire, même en apparence, le complice de son déshonneur, est une làcheiél

LOPK.

Le proclamer comme la (ail ton parent, est une sottise, tu le lui diras de ma part... et puis, don Alvar est père de deux enlans a qui il devait de (i)nscr\er intacte de toute souillure la mémoire

de leur mère.

guKVÉno.

Lope a raison.

nON KKIINAND

C'est mon avis.

LOPK, à Moiiiatian.

Tu voii, entêté !

montalvan.

Je vois que don l'ernand et Quévédo sont des 'nuscomme'ioi... mais les autres seronlsans doute

I lus sensés. . Voyons, (jui pense comme moi me uive. (Aux dnmes.) Pardon, vous n'en êtes pas, ni'.>dames.. .vous êtes trop intéresscesdans la quesloii... .0U8 seriez malgré vous juges et parties.

II p-isse à l'un rfcs câli-silelii »i:i-iiir, l.n moitié ilfS assisljin y passe avec lui; Lopo relie de l'autre côte avec P^'^lre moilic.

!>OM FERMAND.

Diable, les opinions se partagent.

l.ojii- Il Montalvïii rompit' leurs p.iilis.ni^

l.npK. .i Miiuiiili ii)i , iipirx avoir compté. C.onibien?

WONrALVAX.

Sept.

LOPK.

Cotnme moi.

MONTALVAN

C'est ma foi vrai... nous avons raison tous if.< deux.

LOPE

Tort tous les deux peut-être.

Ici Muiiii'I s.oI <I.- <:lir/. Un, Irniii: !.. p.>rlr el pos.' !.. .1. il.iiis l'riiilruil iiiili<{ii(' a Ui s. ém- ilciix ii-iiir.

MONTA LV AN

Un juge de plus, et je suis certain que je 1 em portais.

LOPK.

Ou moi.

DON FERNAND

A table, son excellence vous mettra d'accord. LOPE, apercevant Mniinel qui va disparaître derrière les arbres.

Non pas... la question sera vidée séance tenante. (Appelant.) Holà '. mon ami, par ici, je vous prie.

MONTAl.VAN.

Quoi, tu voudrais t'adressera ce rustre. ()ui me fait l'elTetd'avoir le raisonnement aussi lourd que la bourse légère? ..

SCI-NK V

Lks Mêmes, MANUEL

MANUEL, qui s'est approilif.

Que puis-je pour votre service, senor ?

LOPK.

Tu peux d'un mot mettre lin au débat qui \ nn: de s'élever entre ce cavalier et moi.

MANUEL, le iiijitrdant.

Comment?

LOPE

Kn nous donnant ton avis sur un fait que j' vais te soumettre.

MANUEL, avec indifférence.

Vnliuitiers... mais faites vite, je vous prie, car je suis pressé.

LOPK.

Fcoiite bien...^ Il s'rt}<it d'un pauvre diable de mari, qui, a l'instant où il y songeait le moins, vient de découvrir qu'il est... ce qu'on appelle honnêtement trompé par sa femme... Que doii-il faire?... OU plutôt, que ferais-lu si m étais ce mari '

MONTALVAN

Tu rendrais a la coupable déshonneur pour désiionncur, n est ce pas?., tu la chasserais publiquement et en plein jour?

MANUEL, froidement.

Non.

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