‹ [Magasin théâtralChapitre 270 sur 1545 · SCENE VIIÏ · texte numérisé non relu

SCENE VIIÏ

PAULA , sur le banc, LOPE.

PACLA.

Oh! ce serait affreux!... du courage, mon Dieu ! j'ai besoin que vous me donniez de la force et du courage !

LOPE, un peu échauffé par le vin.

Diable! voici ce cavalier de tout-à-l'heure qui s'éloigne!... la seîiora qu'il accompagnait seraitelle partie?... Eh! mais, qu'ai-je donc?. ..je crois vraiment que je n'ai pas assez épargné le xérès. ( Paula s'enveloppe de sa manie et remet son masque. Lope l'aperçoit. ) Quelqu'un encore!... c'est elle. {Il joint Pauln, qui commence à s'éloi gner. ) Holà I bel oiseau de nuit.

PACLA, à part, avec terreur.

Cette voix?... mon rnaril

LOPE

Ne craignez-vous pas que l'air du soir ne mouille vos ailes?... Vous ne répondez pas... votre langage doit cire bien doux à entendre pourtant. [Il cherche à voir son visage; elle s'éloigne; il la suit et continue gaiement.) Allons, je serai discret... un mot seulement... ( Elle se tait, veut

IMAC.ASirs TlIilATUAL.

s'échapper; il se place devant elle.) Cruelle!... vous qui avez ie cœur tendre, puisque l'amour vous a conduite ici , me refuserez-vous une parole àe Vôtre bouche ?

PADLA, tremblante.

Je me meurs!

Rappelant ses forces, elle veut fuir.

LOPE , la saisissant par le bras.

Vive Dieu ! je n'en aurai pas le démenti... [S'arimant de plus en plus. ) Cette main est petite et jolie, et je suis sûr qu'elle est aussi blanche que vos yeux doivent être noirs et brillans... Voyons, retirez ce masque jaloux... (Elle tente de se dé' gnçier; il la retient. ) Oh! cette main est à moi, et je n'abandonne pas une conquête... ( // cher~ che itlui passer le bras autour de la taille; dans ce mouvement, il lui relève la main, et s'arrête toui-à-coup. ) Ah! ce bracelet!... mon Dieu !... PAULA, à part.

Je suis perdue!

LOPE, changeant de ton et examinant le bracelet malgré les efforts de Paula.

Je le reconnais... oh ! je veux savoir!... trêve de résistance... elle serait inutile... qui êtes-vous?... ou plutôt je m'en assure!... (Il lui arrache brusquement son masque. ) Vous ici, madame!... c'était bien vous!... honte et malédiction!

PACLA.

Oh! ne me croyez pas coupable!

LOPE

Si vous ne l'êtes pas, d'où vient que vous vous cachiez tout-à-l'heure? d'où vient que vous tremblez en ce moment?... Oui, coupable!... oh! je n'en saurais douter... un homme était ici!... vous étiez avec cet homme... vous me trompiez... cet homme est votre amant!...

PACLA.

Ah!

LOPE

Son nom?... dites-moi son nom, que j'aille le trouver... que je le tuel... Mais vous gardez le silence... il vous est trop cher pour risquer de le perdre .. Ah! c'est horrible!... je me croyais nirné, moi qui vous aimais tant!... et vous ne m'aimiez pas!... je vous avais donné mon honneur à garder, et vous fouliez aux pieds mon honneur!

PADLA, à part.

Son honneur!...

Elle tombe assise.

LOPE

Mais, mon Dieu! parlez donc, justifiez-vous... un mot, un mot seulement.

Je ne puis.

LOPE, à (jennu.T, près d'elle.

Paula , je viens de faire entendre des paroles

que ma bouche n'aurait pas dû prononcer...

Paula, je l'on .supplie, je t'en conjure, ne me

rends pas malheureux nu point de ne plus croire

ton amour... les apparcnres le rondai--""'

mais ta voix sera plus forte que les apparences... oh ! dis-moi la vérité?...

PAULA

Je n'ai jamais cessé de mériter votre estime et votre amour.

LOPE

Mais enfin ?...

Cris joyeux.

. si je me tais, le

PAULA, à part.

Si je parle, la honte pour lui., malheur pour moi...

LOPE

Encore une fois?

PAULA, péniblement. Je ne puis rien dire.

LOPE, avec explosion.

Eh bien! j'ai assez prié, j'ordonne maintenant!.,, un aveu complet ou une rupture 1

PAULA

Une rupture !

LOPE

Choisissez !

PACLA, à part.

Oh! mon Dieu !... ( Haut. ) J'ai choisi... ( Â part. ] Pour moi le malheur I

LOPE

Votre silence prouve votre infamie!

PAULA, suppliant.

Au nom du ciell...

LOPE

Pas un mot, si ce n'est pour vous justifier!

UNE voi\, dans la coulisse, Lopel Lope!

PAULA, défaillant.

Cela m'est impossible.

LOPE

Ainsi donc, je vous l'ai dit, une rupture... devant le monde comme par le passé, car c'est bien assez de l'outrage, je ne veux pas du ridicule; mais entre nous, étrangers désormais l'un à l'autre!.. ( A lui-même. ) Mon Dieu! qu'ai-je donc fait pour que vous me punissiez ainsi dans ce que j'ai de plus chi^r?... Ah! si c'est pour cette f.iute de ma jeunesse que j'ai tant déplorée... votre justice est lente à frapper, mon Dieu! mais elle frappe bien cruellement.

UNE VOIX , dans la coulisse.

Lope! Lope!

LOPE, vivement.

On vient!... remettez-vous, madame, et oue personne ne se doute de rien I PAULA, â part.

Ce matin si heureuse... et ce soir!... Ob ! je ne puis Irop vous crier : Mon Dieu! donne-moi du courage !

LOPE

Allons, le sourire aux lèvres, geîiora.

PAULA

Par pitié, fuyons !

LOPK.

Vous l'avez voulu, madame... il faut comment cer i'-i le mensonge de toute notre vie a venir,

La iHiil Cil vtiitic loiit-à-fait.

l'AULA.

M*w\ ^^\'*. avAMAOVi^w \v\\ \ \ w\ \

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