MARCEL
El c'est sur un soupçon... car, séparé d'elle depuis cinq mois, vous ne pouvez avoir de preuves. LOPE, avec désespoir.
Ah! plût au ciel !...(iii;ec larmes.) Mais non!... ce voyage, ordonné par leur complice, n'était qu'une ruse infâme !... Confiant en leur honneur, en leur amour pour moi, j'étais resté à Madrid où m'enchaînait un devoirquejc maudissais. ..Depuis son départ, Inès m'avait écrit régulièrement chaque «emaine. . voila un mois environ, le jour tant désiré arrive, rien !... unesemaine entière se passe, rien encore!... alors, frappé d'une horrible pensée, croyant déjà mon enfant morte, je dépêche secrèlernent à Valence un homme sur le dévoucmrnt et l'adresse duquel je pouvais compter... et voila trois jours il me rapporta ces terribles paroles : « Les senoras sont toujours au couvent de l'Annonciade... maisellen'y sont plus seules... on parle d'un enfant. » (S'écriatH.) Un enfant!... çt lu ne veux pas que je me venge?
UAMUEL, viuemenl.
Mais cet bomme, il peut avoir été mal informé ; sans le vouloir, il vous a trompé pcut-êlrc... Et
quand il aurait dit vrai, quand elle serait coupable, c'est votre enfant, senor, c'est votre enfant! (Cherchant à l'entraîner.) Venez, venez, sortons d'ici.
LOPB, avec êlonnement.
Quand elle serait coupable, as-tu dit?... Est-ce bien toi, Manuel, que je viens d'entendre? toi, dont le bras s'est levé sur ta fille? toi, que j'entends encore t'écrier dans ta juste fureur : Vous avez mal fait de me sauver, seîîor, car un jour ou l'autre je tuerai la malheureuse qui m'a déshonoré!... {Avec force.) Tu as dit cela, Manuel Gardas!...
MANCBL.
Oui, insensé que j'étais alors 1... mais depuis, que voulez-vous? je suis père, j'ai pardonné!... (Suppliant.) Et vous ferez comme moi, n'est-ce pas? et vous pardonnerez aussi?
LOPE, avec force.
Jamais! jamais!... mais elle ne sera pas ma seule victime. Car, tu ne sais pas... un homme... son lâche séducteur sans doute, a été vu rôdant autour de cette maison. ..et cet homme, cet infâme! c'est celui que> sans le connaître, sans qu'il fût ou mon parent ou mon ami, j'ai abrité de mon toit et nourri de mon pain!...
MANUEL
Maurice Dirken I
LOPE, tirant son épéc.
A celui qui a commis sa part du crime, sa pari du châtiment!
MANUEL
Non, non, à lui seul votre haine! à lui seul votre vengeance!
LOPE
A elle, à elle d'abord, qui me devait plus, parce qu'elle je l'aimais mille foisd&vantagei... Allons, fais-moi place!...
MANUEL
Pitié pour votre filie! pitié pour vous môme; car c'est un remords affreux que vous vous préparez... Ah ! croyez-moi 1 craignez, craignez de voir le sang de votre enfant!
LOPB.
Le remords I... Ah ! je saurai bien lui échapper!... Après la vengeance, le suicide... après leur sang, le mien!...
MANUEL, avec résolution.
Avant celui de la jeune fille, celui du vieillard; vous commencerez par mo, seSor!
LOPK, hors (le lui.
Oui, si tu ne me livres à l'instant passage.
Il \:\ CiMpivr Manncl, qui n recule' jusqu'au pavillon, lor.^u;ir In ""i i.- «'«juvic lirus.i'lïir.eul JeVaiil l'aula.
PAULA
PAOLA
Arrêtez, senor l
Moment de silence et d'immobilité', après lequel Paula fait, de la main, signe à Manuel de s'éloigner ; celui-ci hésite, elle renouvelle son geste; il sort lentement par le fond.
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