SCENE XI
CHARLES IX, HENRI, LA GAUCHE- RIE, MOLINA, JEAN, ANDRÉ, GA- BRIEL , JEANNE D'ALBRET, M»»
D'AYELLE, FLEURETTE,Demoisellks d'honnedr, Paysans et Paysannes.
CHARLES, avec humeur. Non, je ne continuerai pas.
HENRIOT. Expliquez -vous , de grâce!
qu'y a-t-il?
CHARLES. Je ne continuerai pas , vous dis-je, le but est préparé et vous le connaissiez.
HENRIOT. Ah I ce serait déloyal, et vous ne le croyez pa$.
CHARLES. J'en SUIS sûr.
HENRIOT. Ce n'est là qu'un vain prétexte ; dites plutôt que vous n'osez pas , que vous avez peur.
CHARLES. P( ur ! vous uicntez, messire.
HE.\RIOT, dirigeant son arbalète contre la fjoitrine de Charles. Malédiction !
CHARLES, effraye, se cachant derrière les cunrti.ians. A moi ! mes amisi
JEANNE, se jetant entre eux deux. Mon fib!
LA UAICHERIE, l'arrêtant Henri I
TOUT LE MONDE. Grand Dieu !
CHARLES. Qu'on l'éloigné! qu'on l'éloigné !
LA GAlCilERIE, à Henriot. Que faitcs- V0U3, Henri ? il est votre liôt(;.
HENRIOT, yV^u/// son arbalète. C'est vrai.
JEANNE, allant ii Charles. Ah ! sire , de grâce. .. {A Henri, )\\ei\\\o\.., mon fils, qu'avez-vous fait, mailieureuxl
HENRIOT, à sa mère. Rassurez-vous, ma mère, laissez, je suis calme maintenant. [Allant à Charles avec dignité.) Sire, si votre parole fut prompte, mon bras le fut aussi; pardon, j'avais oublié que vous étiez mon hôte. [En lui tendant la main.') Henri de Bourbon, prince tic Navarre, à sa majesté Charles IX, roi de France, réconciliation et amitié sincère.
MOLINA, bus à Cliarlcs. Sire , la religion prescrit l'oubli des offenses.
CHARLES , bas. Quitte à s'en souvenir plus tard, n'esl-il pas vrai ?
MOLINA, s^ inclinant. Sire...
CHARLES, après un instant d'hésitation et avec cordruinte. Charles IX, roi de France, à Henri de Bourbon , prince de Navarre, réconciliation et amitié sincère.
Ils se serrent la main.
HENRIOT. Mais je tiens à vous prouver, sire, que je n'ai pas été plus favorisé que vous... attendez. (Apercfant Fleurette qui a une rose sur son sein.) Fleurette, cette rose que vous avez là, donnez-la-moi I
FLEURETTE, en rougissant. Cette rose, la voici, monseigneur.
HENRIOT. C'est bien , merci , Fleurette. [Courant la placer sur la statue de C Amour. )Tcï\ez, sire, le but est changé à présent. A moi donc une aibalète et une flèche I {On les lui remet.) Donnez.
Il vise, la flèche traverse la rose aux acclamations de tout le monde : Vive messire Hcnriotl Noël! Noël!
CHARLES. Je suis vaincu , je dois l'avouer. A lui donc l'honneur tout entier. JEANNE. Sire, VOUS aurez votre tour.
Tout le monde se lappioohe de Charles : Henri, sans faire attention aux éloges qui lui sont prodigues, a repris la rose et la rapporte. ^
HENRIOT, bas à Fleurette. Garde ceci en mémoire de moi , Fleurette , de moi qm' t'aimerai toujours!
FLEURETTE. Oh ! oui , toujours ! mon Henriot, toujours !
HENRIOT. A ce soir, ici, à la fontaine, tu viendras, n'est-ce pas, ma Fleurette ?
FLEURETTE. Nou, oh ! non, je ne veux
HENRIOT. Oh! je t'en conjure...
FLEURETTE Silence, Henri, silence!
m""" d'ayelle, (i paît. Je crois que messire Henriot a touché deux buts à la fois.
LE PAGE. Madiune la reine, tout est disposé selon les ordres de votre majesté.
JEANNE. C'est bien... allons, sire, et
FLEURETTE
VOUS, meùseigneurs, rendons-nous au château.
Tout le monde sort. Les pays.-jns suivent. Acclamations. Sortie,
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