SCENE II
IIEISRI, FLEURETTE.
HEiNRiOT. Ma Fleurette, sais-tu qu'il y a bientôt une lieiue que je t'attends?
FLEURETTE, Et moi, monsieur, il y en
UAGASm TH^ATUAL.
a dix que je pense à vous, que je te vois.
IIf;mii. CoiMiiient?
FLEi'RETTE. Oui, lu es tcujours là, près de moi, tu ne mt quittes pas... oh! si lu savais comme je suis cliaugée...
HENRI. Changée î
FLEURETTE. Autrefois j'étais un enfant sans réflexion, sans pensée, landisque maintenant...
HENRI. Maintenant tu es grave, sérieuse, ah! ah! ah!
FLEURETTE, Eiez, riez, oui. monsieur, je suis sérieuse, très-sérieuse. .. il y a même des niomens où je réfléchis.
HEXRI. Ahl tu réfléchis!
FLEURETTE. Des momens où je me rappelle nos entretiens, où je me retrouve tout-à-coup pi es de toi, où j'entends ta voix murmurer à mon oreille : Fleurette, chère Fleurette, je t'aime!.. . alors je rougis, je me trouble, et si quelqu'un me regarde, je rougis davantage, mon cœur palpite, ma raison s'tn va, et je me sauve comme si je craignais qu'on puisse lire notre secret sur mon front.
HENRI. Folle!... mais vo^yons, qu'as-tu fait depuis hier?
FLEURETTE. D'abord, j'ai pensé à vous, à tout ce que vous m'avez dit, et ça m'a pris bien du temps, car je n'oublie pas une seule de tes paroles.
HENRI. Ensuite ?
FLEURETTE. Ensuite j'ai lu troisgrandes pages des jolies chroniques d'amour que vous m'avez données ; car, grâce à tes soins, je sais lire à présent.
HENRI. iMais enfin pourquoi es-tu venue si tard ?
FLEURETTE. J'ai fait un grand détour parce qu<' j'ai apeiçn M"^ d'Ayelle qui se promenait de ce côté.
HENRI. M"* d'Ayelle!
FLEURETTE. Chaque fois qu'elle me rencontre, ses yeux s'attachent sur moi avec une expression singulière ; j'ai toujours peur qu'elle n'ait deviné notre amour.
HENRI. Oh! ne crains rien, personne ne se doute...
FLEURETTE. Cependant, je l'ai vue en me regardanls'cntrelenir à voix basse avec M"* de Fossousc , première dame d'honneur de la r(ine; eh! tenez maintenant, je ne me tronijje pas, la voilà cjui vienulc ce côté.
HENRI. Oui... et ma mère... le sire de La Gain herie aussi... vite, s('parons-nous. Fleurette... et au revoir!
FLEURETTE. Oui , ail revoir.
lU sortent l'un par l:i dioilc, Tautrc par la guuclic de la «cène.
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