SCENE IV
JEANNE D'ALBERT, M'i^ D'AYELLE.
JEANNE. Que fera-t-il.' S'il allait me l'enlever, l'éloigner pour long-temps: mon Dieu! n'est-il donc aucun autre moyen?
m"'' d'ayelle, à /j«r/. Je crois que le moment est favoiable.(/f<;«^) Madame, j'ai une grâce à solliciter de votre majesté...
JEANNE. Lue grâce!... parlez, mademoiselle , vous me trouverez toujours bien disposée en votre faveur.
m"*' d'ayelle. Madame, ce n'est pas pour moi que je sollicite.
JEANNE. Et pour qui donc!
m"* d'ayelle. Pour une jeune fille de ce pays , dont le père est attaché au château ; votre majesté l'a peut-être déjà remarquée... elle se nomme Fleurette...
JEANNE. Fleurette! c'est pour Fleurette que vous solli':itez...? (a part) voilà qui est étrange!
m"" d'ayelle. Ah ! votre majesté se la rappelle...?
JEANNE. Oui , fort bien , et que demandez-vous pour elle ?
m"'' d'ayelle. Un mari , madame.
JEANNE. Un mari!... serait-ce elle qui vous aurait priée
d'ayelle. Non, non, pas elle,
mais lui...
l JEANNE. Qui , lui?
m"^ d'ayelle. Le mari , ou plutôt celui qui biùle de le devenir !
JEANNE , à part. Il se pourrait!...
m""^ d'ayelle. 0!v.' si voiî's le cônHais* siez , madame , vous ne rtfiiseiiez pas de le secourir... et je serais sûre pour lui de l'aide de votre majesté, à moins que ce mariage ne lui déplaise...
JEANNE. Me déplaire , à moi, mais au contraire... je le désire vivement... (à puri) très-vivement.
d'ayelle , à part. Bien ! . . .
JEANNE. C'est une bonne action que vous faites et une heureuse idée qui vous est venue , mademoiseile d'Ayelle.
m"^ d'ayelle. Fleurette est si intéressante ! {A fjart.) Ah ! monseigneur Henri , nous verrons !
JEANNE. Il faudra les aider , leur donner une dot...
m"« d'ayelle. Et les envoyer vivre bien paisibles à quelques dix lieues d'ici.
JEANNE. Très-bien, d'Ayelle, je suis satisfaite de vous ; je vois avec plaisir que vous avez un bon cœur.
m"* d'ayelle. J'avais pour me guider l'exemple de votre majesté , l'intérêt que m'inspire ce pauvre jeune liomme, (à part) et le désir d'éloigner la petite.
JEANNE. Après tout, elle sera heureuse ; car je veux que, grâce à mes soins, elle soit riche: elle vivra paisible, sans chagrins, dans une bonne ferme , près de son époux , qu'elle aimera... A propos, l'aune t-elle?
m"'= d'ayelle. Comme disait votre inajesté, elle Taimera ; on lui fera comprendie qu'un brave et digne jeune homme peut seul lui convenir, et, si quelques folles idées s'étaient emparées d'elle, on calmerait cette petite tête exaltée.
JEANNE. En choisissant la ferme à une distance raisonnable... c'est cela... où est le jeune homme?
m"'= d'ayelle. Tout près d'ici, madame, car ce matin même je lui ai promis de vous présenter sa requête.
JEANNE. Qu'il vienne.
ni'le d'ayelle va vers le fond, fait un signe. Jean entre. Le voici , madame.
JEANNE. Très-bien.
M^^^ d'ayelle , à part. Ah ! messire tienri , nous verrons , nous verrons.
** 1\\VVV'VV\'VV\'VV\VVV'VV\VV\'VVVVV\pVV\VV\VVVVVVVV\VVVVV\VVVVV\VVV