SCENE XI
Les Mêmes, LA REINE, LA GAUCHE- RIE, ANDRÉ, Suite de la Reine.
LA REINE. Ainsi , André, ce parti vous convient, et vous consentez ?.,.
ANDRÉ. De grand cœur , madame la reine...
FLEURETTE. Que disent-ils ?
.'iNDRÉ, allant à sa fille. Fleurette, madame la reine , qui s'intéresse à toi et qui t'aime , daigne aujourd'hui te faire choix d'un mari.
FLEURETTE. D'un mari!...
HENRI, à part: Ciel!...
FLEURETTE. Mon père, je suis pénétrée des bontés de madame la reine ; mais je ne veux pas vous quitter, je ne veux pas me marier...
JEANNE. Fleurette, votre père se fait vieux, et il lui a semblé que le moment était venu de vous trouver un appui ; il y a ici au château de N érac un jeune homme qui vous aime et demande votre main ; votre père la lui accorde, et nous qui avons promis de veiller à votre bonheur...
FLEURETTE, à genoux. Oh ! VOUS avez toujours été bonne et généreuse pour mçi, madame; mais aujourd'lmi...
JEANNE. Aujourd'hui nous voulons accomplir entièrement notre promesse, et nous attendons de vous obéissance filiale , comme aussi déférence aux désirs et à la volonté de votre reine...
FLEURETTE. Mais, madame... je ne l'aime... j'ignore même quel est celui qu'on me destine. (/4 part.) Oh ! mon Dieu, mon Dieu ! prenez-moi en aide...
HENRI. Mais, ma mère, pourquoi forcer sa volonté?... vous voyez bien que la surprise et l'eiFroi empêchent cette jeune fille d'exprimer un refus...
JEANNE. Henri, c'est à tort que vous vous faites ici son interprète.
HENRI. Cependant, ma mère... si elle ne veut pas ?
MACASUr Ta£ATBAL.
jE4N:ve, Siionce... mon fils!...
M^'*" d'ayi:ile, à part. Je ne croyais pa« que ccia dt vi<udjait si sérieux.
ANDRK. Moui>eif;n.Lur... vous vous trompe/.; ma fille ne peut refuser , et quaut à cei«i qu'on lui destine, c'est un lîrjive garçon, qu'elle connaît bien ; le voici.
HENni. \'\\\ !
FLFiîBETTr.. O uioii Dieu ! . . .
JEANNE. Appioclie , mon ami... approche... ïie a-eiuble pas ainsi.
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SÇE]N£ Xll.
I/PS Mêmes, JEAN.
JEANNE. Fle«*-ette, voici celui qui demande votre njain , celui que voire père et moi nous avousclioisi pour votre époux, et auquel iaous accordons nolr-e royale protection. ..
FLEi RETTE. Est-il possible?...
i£A\. Pardon , madame la reine. (^A pari.) Du courage... qu'il m'en faut, mon liieu .' {liaul.) Madame, cessez, je vous ei> conjure , de presser cette jeime fille... ce mariage que j'avais tant diésiré, ce bonheur que tout-à-l'heure encore j'aurais p;8iyé de ma vie... maintenant...
JEANNE. Eh bien! maintenant?...
JEAN. Maintenant il me faut y renoncer...
TOUS. Y renoncer !...
JEANNE. Vou:i qui est étrange, jeune Jiomme... lorsqu'il n'y a qu'un ni.stant... J€AN. Oh! vous avez raison, madame, et je mérite votre colère; mais je la uiérile «e«il, moiqui mesuis laissé entraîner aupenchant de mo4t cœur, sans écouter la voix de ma conscience et di- la raison.
JEANNE. Mais le uioiif, monsieur, le motif?
HENRI, à part. Que va-t-il dire?
FLEL'RETTE. Je tremble...
JEAN. Le motif... c'est ma religion...
FLEURETTE, Je respire.
JE.lNNE. Yotri: religion !.. . vousy pensez bien tard: l'aviez- vous donc oubliée lorsque vous êtes venu me solliciter?
.JK.\N. Mon, madame, mais depuis...
JEANNE. Assez, assez... éloignez vous...
ce n'est ni le lieu, ni le monn ni de « ous Intel rogtfr à ce sujet, il y a ici tiop de sns- Crptihiliiés à éveiUer... nous vous ferons niandt-r...
IIEMII, à pn't. Dieu .soit loué!
m"' I)'ayi;i,i.|.: , « part. Voilà tous mes projets reiivei.sé.s!
JEANNE, h qui La Gaucherie a parlébas.
Vous avez raison , La Gaucherie , c'est le sevil moyen... et je vais l'employer. {Haut.) INons regrettons , André , que cette occasion nous ait échappé de vous témoigniei' notre bienveillance... Quant à vous, mon fils, tenez-vous prêt à partir pour notre résidence de Pau...
FLEURETTE , à part. Partir... ô mon Dieu !
HENRI. Ma mère!
JEANNE. Vous avez entendu... c'est ma volonté... d'Ayelle... allez transmettre mes ordres... et faites tout préparer en conséquence.
Elle sort.
ANDRÉ , à FUwette. Viens aussi , njia fille, il faut que je te paiie.
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